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Des Québécois prêts pour Isaias

L’ouragan qui doit déferler sur la Floride complique la gestion de la pandémie dans l'État américain

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Photo AFP Déjà samedi, Miami était touché par les vents et la pluie annonçant la venue d'Isaias.

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Des Québécois exilés sous le soleil de la Floride ont finalisé les derniers préparatifs, samedi, avant d’affronter le passage de l’ouragan Isaias dans cet État déjà meurtri par la COVID-19.

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« Pour les Québécois, ça peut paraître très risqué, mais les Floridiens sont habitués aux ouragans et semblent très calmes. C’est sûr qu’avec la pandémie, c’est un peu plus stressant », a souligné Marie Poupart, auteure et collaboratrice au Journal, qui vit désormais à Palm Beach Gardens, en Floride.

Le centre de l’ouragan de catégorie 1 (sur 5) a fait de nombreux dégâts à Porto Rico, en République dominicaine ainsi qu’aux Bahamas dans la nuit de vendredi à samedi.

Avant d'arrivé en Floride Isaias a fait des dégâts en République dominicaine.
Photo AFP
Avant d'arrivé en Floride Isaias a fait des dégâts en République dominicaine.

Isaias, qui a été rétrogradé d'ouragan à tempête tropicale samedi soir, soufflait des vents maximums allant jusqu'à 110 kilomètres heure à 17 h et émergeait au-dessus du détroit de Floride entre l'archipel des Keys et Cuba.

Le Centre national des ouragans a indiqué que la tempête allait s'amplifier et redevenir un ouragan au cours de la nuit [dernière] en approchant le sud-est de la Floride avant d'avancer vers la côte est de la péninsule.

Samedi, John Boutin, propriétaire de l’hôtel Windjammer Resort, à Lauderdale-By-The-Sea, finalisait les préparatifs avant l’arrivée d’Isaias

« Des employés ont ramassé le terrain et tout ce qui pourrait s’envoler, comme les chaises, les poubelles et les parasols », a-t-il expliqué. 

Une saison amère  

John Boutin, hôtelier.
Photo courtoisie
John Boutin, hôtelier.

Heureusement, M. Boutin n’a pas eu besoin d’évacuer les quelques clients de son hôtel... du moins, pas pour cette fois-ci.

Pour l’homme d’affaires originaire de Sherbrooke, la saison des ouragans est un stress qui s’ajoute aux derniers mois difficiles.

« Pour l’instant, ce n’est pas si mal. Mais les mois d’août et septembre sont toujours plus actifs. En espérant que ça va être tranquille cette année parce qu’on a déjà eu notre lot de problèmes », a-t-il lancé en faisant référence au faible achalandage de touristes en raison de la COVID-19. 

Les hôpitaux déjà débordés

Le passage d'Isaias arrive au pire moment pour la Floride, qui est devenue l’un des épicentres de la pandémie de COVID-19 aux États-Unis.

Le gouverneur Ron DeSantis ne s’attend pas à de nombreuses évacuations, mais a annoncé que les hôpitaux, déjà débordés à cause du coronavirus, pourraient avoir à déplacer des patients en fonction des coupures de courant et des crues. 

Si les évacuations devenaient nécessaires, cela pourrait poser un problème sanitaire, car il sera difficile de respecter les consignes de distanciation sociale dans les refuges.

La Floride a également dû fermer des centres de dépistage, bien souvent aménagés sous des tentes, en prévision de l’arrivée de l’ouragan. Les centres de dépistage des comtés, moins nombreux que ceux gérés par l’État, resteront ouverts.

« Si on ne peut pas se faire tester et qu’on ne sait pas qu’on est malade, il y a plus de risque de propager le virus », a laissé entendre Marie Poupart. 

Marie Poupart, qui gère la page Facebook La Floride de Marie et collabore au <em>Journal</em>, a fait le plein d’essence pour sa génératrice.
Photo courtoisie
Marie Poupart, qui gère la page Facebook La Floride de Marie et collabore au Journal, a fait le plein d’essence pour sa génératrice.

Pas de « hurricane party »

Les citoyens de la Floride ont l’habitude de se rassembler lorsqu’il y a des ouragans. Cette année, chacun devra affronter la tempête chez soi. 

« Normalement, les gens font des “hurricane party”. Ils se rassemblent dans une seule maison pour faire le party, manger, suivre la météo et écouter les médias. Les ouragans sont un prétexte pour se réunir, un peu comme lors du verglas au Québec », a expliqué Mme Poupart.

Elle espère que les Floridiens écouteront les autorités, qui demandent fermement d’éviter cette tradition. 

– Avec l’AFP