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Le nombre d’espaces de bureau à louer explose

Hausse de 43 % des espaces offerts en sous-location au centre-ville de Montréal

Tour à bureaux
Photo d’archives, Ben Pelosse Plusieurs organisations réfléchissent à la possibilité de réduire leurs espaces de bureaux, au profit de modèles d’organisation hybrides, combinant télétravail et présence au bureau.

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La pandémie de la COVID-19 et le recours au télétravail de plus en plus généralisé dans les entreprises commencent déjà à avoir des répercussions dans les immeubles de bureaux des centres-villes de la province.

Selon les dernières données disponibles, les taux de vacance et de sous-location des bureaux ont connu un record de croissance depuis l’imposition en mars de mesures de confinement par les autorités de la santé publique.

Au cours du deuxième trimestre de trois mois, se terminant à la fin juin, les taux d’inoccupation des bureaux de Montréal ont crû de 14 % depuis la fin mars, passant de 6,4 % au premier trimestre à 7,3 %, selon la société immobilière CBRE qui suit ce marché de près.

Ce taux est encore plus important dans les tours de bureaux de catégorie A, habituellement prisées des entreprises à la recherche d’une adresse de prestige. 

Dans leur cas, le taux de vacance s’est accru de 28,8 %, passant de 5,2 % au premier trimestre à 6,7 % au deuxième trimestre qui a pris fin en juin. 

La sous-location explose

Bien que révélatrices, ces premières données n’arrivent pas à traduire complètement l’ampleur de la situation observée depuis mars dans les tours de bureaux de la province. 

La plupart de ces lieux de travail, estime Sylvain Leclair du Groupe Altus, ne sont encore occupés qu’à 5 à 10 % de leur capacité habituelle.

Avi Krispine, directeur général de CBRE pour le Québec, explique ce décalage par le fait que la plupart des baux sont signés dans le domaine pour de longues périodes, souvent 5 à 10 ans. Ainsi, même si la plupart de ces bureaux sont sous-utilisés, ils seront considérés comme occupés tant que leurs baux n’arriveront pas à échéance.

En attendant, ce sont les statistiques de sous-location qui donnent la meilleure mesure de la tempête qui se dessine dans le secteur. Et à ce chapitre, la tendance impressionne : en seulement trois mois, les espaces offerts en sous-location ont explosé de 43,5 %, pour atteindre en juin 228 000 pi2 au centre-ville de Montréal. 

Inquiétude des propriétaires

Cette explosion de la sous-location (des espaces que des locataires cherchent à louer) est le genre de donnée propre à inquiéter les grands de l’immobilier, comme Ivanhoe Cambridge et Cominar.

Déjà, des grands locataires comme la Banque Scotia, le Canadien National, EY et bien d’autres, réfléchissent à la réduction de leurs espaces de bureaux, au profit notamment du télétravail.

En entrevue, le PDG de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, Michel Leblanc, se montre préoccupé pour l’avenir des centres-villes. Un récent coup de sonde de l’organisation indique que 73 % des employeurs se préparent à introduire un modèle hybride d’organisation (bureau/télétravail) et que 30 % envisagent en conséquence de réduire leurs espaces de travail.