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Les pires lacs du Québec: la revanche du lac qu’on croyait mort

Dossier Lacs du Québec
Photo Martin Chevalier Lac Mandeville

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Il y a une douzaine d’années, personne ne croyait possible de sauver le lac Mandeville, dans Lanaudière.

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 « Tout le monde disait que le lac était fini, qu’il était mort, plusieurs avaient lancé la serviette », se rappelle Rossana Pettinati, présidente du Comité des citoyens du Lac Mandeville.

 Les algues bleu-vert et les coliformes fécaux avaient envahi le plan d’eau, et la baignade était déconseillée. 

« On regardait notre environnement mourir. On était triste et en colère », poursuit la riveraine.

Encore l’an dernier, le lac était dans la classe eutrophe et faisait partie de notre top 15 des pires lacs au Québec.

« Il y a quelques années, un producteur agricole avait transformé notre lac en fosse à purin, explique Mme Pettinati. Selon les études qu’on a faites avec des scientifiques, 80 % de l’apport en phosphore est d’origine agricole. »

Prendre ses responsabilités

Autre problème, les citoyens ne comprenaient pas l’importance des bandes riveraines, ces zones de plantes autour d’un lac qui agissent comme un filtre, ajoute la présidente.

« Tout le monde montrait du doigt quelqu’un d’autre, mais finalement chacun a pris ses responsabilités, dit-elle. » 

Et les résultats ont commencé à se faire sentir. « Le lac renaît, il est poissonneux ! » s’exclame Mme Pettinati.

Cette année, il quitte la liste des lacs à l’article de la mort et est maintenant classé méso-eutrophe, ce qui demeure préoccupant mais représente néanmoins une amélioration.

Les épisodes de cyanobactéries ont aussi grandement diminué, les coliformes fécaux ont disparu, et les restrictions sur la baignade sont plus rares.

« Les effets sont incroyables. Faut dire qu’on a vraiment vécu l’enfer entre 1995 et 2005 », insiste-t-elle. 

En collaboration avec le comité de bassin versant, l’association veut notamment encourager les bonnes pratiques agricoles et s’assurer que les agriculteurs aient les ressources pour contribuer à la santé du lac.

« On veut continuer à construire des relations durables avec tous les riverains. Parce que personne ne veut revenir en arrière ! »