/misc
Navigation

Passer à l’agroécologie

Coup d'oeil sur cet article

Depuis quelques années, et encore davantage avec la pandémie, on parle beaucoup d’agroécologie. Sous ce joli chapeau se trouve un ensemble de méthodes agricoles qui permettent de produire de la nourriture en abondance avec une plus petite empreinte écologique.

On pense évidemment à l’agriculture biologique, qui est aujourd’hui bien connue et reconnue. Mais il y a aussi l’agriculture régénératrice, qui contribue à la protection du climat, la permaculture, l’agriculture de conservation, les semis directs (sans herbicides), les cultures de couverture, le sylvopâturage, la rotation de cultures, la plantation d’arbres et d’arbustes, la végétalisation des bandes riveraines, etc.

De plus en plus d’agriculteurs et d’agricultrices s’engagent très concrètement en adoptant ces pratiques ici comme ailleurs. On le constate aussi par la multiplication de petites fermes biologiques sur tout le territoire. L’annonce de Nutrinor, qui veut inscrire le Saguenay–Lac-Saint-Jean parmi les leaders mondiaux de l’agriculture durable, en est un autre bel exemple.

Ces initiatives sont formidables et méritent d’être saluées, amplifiées et multipliées. Cependant, pour faire de l’agroécologie notre principale façon de faire, il faudrait aussi des changements de la part de nos gouvernements. Pas seulement des agriculteurs et des consommateurs. Car globalement, c’est encore, et de loin, l’agriculture chimique qui domine dans nos champs.

L’exemple du Danemark

Ce petit pays du nord de l’Europe a fait de l’agriculture biologique un outil d’action pour la protection de l’environnement, pour son développement rural et pour la promotion de la santé publique. Il s’est notamment donné comme objectif d’atteindre 60% de produits bios locaux dans la restauration collective publique (écoles, hôpitaux, fonction publique, etc.). Sa capitale, Copenhague, a décidé d’aller encore plus loin, visant 90% dans ses établissements publics.

La preuve est faite que c’est possible puisque de nombreux établissement, dont l’hôpital de Randers, au nord du pays, ont déjà dépassé cet objectif. Leur succès s’explique par la priorité accordée aux produits de saison et à la lutte contre le gaspillage alimentaire. Les quantités de viande servies ont diminué pour être remplacées par des légumineuses. Ils ont aussi fait disparaître des cuisines les produits semi-transformés. Ils transforment presque tout sur place. Et tout cela en respectant les budgets et en améliorant la santé de tous.

Voici un petit reportage qui permet de voir comment ça se passe concrètement dans les garderies et les écoles du Danemark. Ça donne tellement le goût de faire pareil! 

Dans l’État du Sikkim, c’est 100% bio

L’État du Sikkim, en Inde, est lui aussi super inspirant. En une dizaine d’années, leurs producteurs sont passés au 100% bio, grâce au soutien de leur état, comme vous pouvez le voir dans ce court reportage.

Les deux premières années ont été difficiles. Il aura en effet fallu presque une décennie d’adaptation étape par étape pour que les connaissances se diffusent. Il faut quelques années à la vie pour qu’elle reprenne dans des sols qui étaient dopés à la chimie industrielle.

Depuis 2015, toutes les terres sont certifiées biologiques. Le recours à tous pesticides et engrais chimiques est interdit. Et merveille: l’agriculture y est plus rentable qu’avant! La sécurité alimentaire locale aussi s’est améliorée, même si les prix du bio sont plus élevés.

Voilà qui donne raison aux tenants d’une agriculture bio locale et aux défenseurs de la souveraineté alimentaire comme Caroline Gosselin à Sutton. Je vous invite à la découvrir en écoutant ce formidable balado des Mères au front. En prélude, on y entend une magnifique lettre de Véronique Côté lue à sa fille, qui, à l’époque, n’était pas encore née :

La semaine prochaine, je serai en vacances. Mon prochain blogue sera donc dans deux semaines. Au plaisir de vous retrouver!