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Un mois de juillet «à oublier» pour les hôteliers

À Québec, certains établissements présentent un taux d’occupation d’à peine 15 %

Marc-Olivier Côté, de l’Hôtel Clarendon, espère que le mois d’août sera meilleur que celui de juillet
Photo Jean-François Desgagnés Marc-Olivier Côté, de l’Hôtel Clarendon, espère que le mois d’août sera meilleur que celui de juillet

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Le mois de juillet est à oublier pour les hôteliers de la région de Québec. Certains peinent à atteindre un taux d’occupation de 15 % même durant les deux semaines de la construction. 

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Même si bien des Québécois ont privilégié la Belle Province durant les vacances à cause de la pandémie, la clientèle n’est tout simplement pas au rendez-vous.

La saison est tellement tranquille que François Bégin, propriétaire du Gîte du Vieux-Port, a profité des vacances de la construction pour lui-même prendre des vacances. En temps normal, il s’agit d’une des périodes les plus occupées. 

« Nous n’avions jamais fait ça avant », laisse tomber M. Bégin. 

François Bégin du Gîte du Vieux-Port.
Photo Jean-François Desgagnés
François Bégin du Gîte du Vieux-Port.

« La clientèle, c’est au compte-gouttes, cette année. Nous sommes de 10 à 15 % de notre occupation habituelle », poursuit-il, précisant que, pour juillet, il a reçu tout au plus une dizaine de réservations. 

M. Bégin indique faire le maximum pour attirer la clientèle. 

« On a réduit nos prix, nous offrons les tarifs d’hiver, lance-t-il. On ne vit pas riche cette année. » 

Malgré cette période difficile, M. Bégin dit ne pas craindre de fermeture et plutôt attendre les belles saisons à venir. Son logement est à même le gîte et il a d’autres revenus.

Pertes énormes

Même son de cloche à l’Hôtel Clarendon, sur la rue Sainte-Anne, dans le Vieux-Québec. 

« Je m’attends à finir juillet en bas de 10 % d’occupation. Ce sont d’énormes pertes », indique le directeur général Marc-Olivier Côté. À cette période de l’année, l’hôtel est habituellement à près de 80 % de sa capacité. 

« C’est du jamais-vu », laisse-t-il tomber.  

Deux clients dans le hall du Clarendon, vendredi.
Photo Jean-François Desgagnés
Deux clients dans le hall du Clarendon, vendredi.

Malgré des réservations qui semblent vouloir augmenter depuis mardi dernier, M. Côté estime que ce sont les régions qui sont prisées, cette année.

« C’est une année à oublier pour nous, en termes d’affaires. On espérait à tout le moins 30 % d’occupation », fait-il valoir. 

Après une fermeture en 2019 et une année de rêve en 2018, M. Côté s’attendait à vivre une année des plus exceptionnelles en 2020, avant que la pandémie s’invite dans la partie.  

Néanmoins, malgré ces énormes pertes, le directeur général indique qu’aucune fermeture ne guette l’hôtel. « Au contraire, nous attendons les clients patiemment », termine-t-il.

Un peu mieux

Guy Lombard, de l’Auberge Saint-Antoine, indique que sa saison est beaucoup moins occupée que les années antérieures.
Photo Jean-François Desgagnés
Guy Lombard, de l’Auberge Saint-Antoine, indique que sa saison est beaucoup moins occupée que les années antérieures.

L’Auberge Saint-Antoine se tire un peu mieux d’affaire, avec un taux d’occupation entre 30 et 40 %, selon le directeur général Guy Lombard. 

« On fait mieux que ce que l’on attendait, mais ce n’est pas comme les autres années, concède M. Lombard. Mais on s’y attendait, car nous avons beaucoup de clientèle américaine et européenne habituellement. »

Les hôtels et auberges en région à plein régime 

Si la situation est difficile pour les hôteliers de Québec, c’est complètement l’inverse du côté des régions avec des taux d’occupation qui frôlent le 100 % dans plusieurs secteurs.

Ayant fait la manchette depuis quelques jours alors que la région est envahie par des touristes pas toujours civilisés, les hôtels et les auberges de la Gaspésie affichent complet pour la plupart. 

À Percé, à l’hôtel Le Mirage, le préposé à la réception confirme qu’ils sont très occupés.

« Nous sommes à 100 % du taux d’occupation, nous sommes très chanceux », fait valoir l’homme, qui a préféré ne pas être nommé.

La clientèle provient surtout de Montréal, Québec et Trois-Rivières, a-t-il précisé.

À l’hôtel Manoir Belle Plage, à Carleton, en Gaspésie, le taux d’occupation est équivalent à celui de l’an dernier, qui était déjà difficile à battre.

Là aussi, on constate un profil de clientèle différent.

« Ce sont plus des Québécois », indique le directeur des opérations, Jonathan Long.

Charlevoix

La situation est identique dans Charlevoix. Le Manoir Richelieu, à La Malbaie, est particulièrement populaire. 

« Nous avons repris nos activités le 20 juin, et je dois dire que les réservations ne font que monter en flèche. On affiche complet depuis le début du mois de juillet », indique Caroline Ouellette, directrice ventes et marketing.

À l’hôtel Le Germain, à Baie-Saint-Paul, on indique avoir également un très bel été, au chapitre des affaires.

« On a de très beaux mois. Nous sommes agréablement surpris, on s’attendait à un taux d’occupation d’environ 50 % et nous sommes au-dessus de 75 % », mentionne Thierry Eck, directeur général de l’hôtel.

La seule chose qui change, c’est le profil de clientèle.

« L’an passé, 50 % de notre clientèle était des Européens, des Américains et même des Brésiliens. Cette année, nous n’avons que des Québécois, nous sommes heureux de découvrir cette nouvelle clientèle », lance-t-il.