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Un road trip sanglant signé Jay Baruchel

Random Acts of Violence
Photo courtoisie, Elevation Pictures Random Acts of Violence, du réalisateur Jay Baruchel

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Du plus loin qu’il se souvienne, Jay Baruchel caresse un rêve bien précis. « J’ai toujours voulu faire un film qui allait foutre la trouille à Stephen King ! » lance-t-il en riant. Le réalisateur canadien fait aujourd’hui un pas dans cette direction avec Random Acts of violence, une première offre d’épouvante.

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On connaît bien Jay Baruchel. 

D’abord connu comme acteur avec des rôles dans les productions américaines Grossesse surprise, RoboCop ou encore Tonnerre sous les tropiques, il est ensuite passé derrière la caméra il y a quelques années pour réaliser son premier long métrage, Goon : Le dernier des durs à cuire. Sa passion pour l’épouvante, en revanche, demeurait somme toute plutôt inconnue, Jay Baruchel étant davantage associé aux comédies loufoques dans l’esprit collectif. 

Traumatisé par l’Exorciste

Mais même si elle est moins documentée, elle n’en est pas moins réelle. Ça, ça devient rapidement évident en entrevue. Le réalisateur, qui a longtemps vécu à Montréal, connaît les classiques, les codes et les conventions de l’horreur sur le bout de ses doigts. Bref, ce n’est pas de la frime quand Jay Baruchel annonce « adorer » le cinéma de genre. 

« Adolescent, je passais mon temps au SuperClub Vidéotron du coin, dans Côte-des-Neiges ! C’est là que j’ai découvert tous les classiques. J’ai reçu une éducation très catholique, alors je me souviens avoir été traumatisé par L’Exorciste. C’est vraiment le film le plus terrifiant de tous les temps », explique-t-il. 

Gonflé à bloc par les œuvres de Friedkin, Hitchcock, Hooper et Carpenter, Jay Baruchel se risque finalement à faire ses premiers pas dans le monde de l’horreur en portant à l’écran les personnages du roman graphique Random Acts of Violence

On y retrouve deux créateurs de bandes dessinées d’horreur qui, au fil d’un road trip, sont témoins d’événements particulièrement macabres. Rapidement, une conclusion s’impose d’elle-même : Slasherman, le tueur sanguinaire fictif qui a fait le succès de leurs publications, semble avoir quitté le monde de la fiction pour s’inviter dans la réalité à grands coups de meurtres violents. 

Violence excessive

Le résultat, lancé en salles et vidéo sur demande hier, a fait couler beaucoup d’encre lors de sa première mondiale au Fantastic Fest d’Austin, au Texas, l’an dernier. En effet, bon nombre de spectateurs ont quitté la salle durant la projection en raison du caractère extrême des scènes de violence présentées à l’écran. 

Une expérience qui n’a pas forcément déplu à Jay Baruchel. Bien au contraire. Le réalisateur éclate d’ailleurs de rire lorsqu’on lui rappelle cet événement en entretien téléphonique.

« Le pire péché que l’on peut commettre au cinéma, c’est d’ennuyer les gens. Alors si les gens n’adorent pas mes films, je veux qu’ils les détestent ardemment, qu’ils rejettent leur existence. Bref, je veux susciter des réactions fortes. Si je fais un jour un film sur lequel les gens s’endorment, alors je saurai que l’heure de la retraite aura sonné », annonce-t-il. 

Ça, il l’a réalisé il y a bien longtemps, au fond d’une salle sombre, lors d’une projection du très controversé Irréversible, du cinéaste argentin Gaspar Noé.

« Je me souviens être allé le voir au cinéma deux fois pour revivre ce moment où les gens sont tellement outrés de ce qu’ils voient à l’écran qu’ils se lèvent et quittent la salle. Je me suis aussitôt dit que je voulais arriver, un jour, à faire un film qui provoquerait des réactions aussi intenses », explique-t-il. 

Maintenant que ce souhait est réalisé, ne reste plus qu’à attendre la réaction de Stephen King...


Actes de violence est présentement à l’affiche en salles, et disponible en vidéo sur demande.