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Les librairies Raffin étaient prêtes à affronter la pandémie

Chantal Michel
Photo courtoisie

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Après avoir redressé une entreprise en faillite et avoir été évincé d’un centre commercial par un concurrent féroce, la Librairie Raffin était prête à faire face à la situation particulière des derniers mois. Une capacité d’adaptation qui lui a permis de passer à travers cette épreuve remplie d’inconnues.

Chantal Michel a ressenti un peu d’inquiétude lorsque le gouvernement Legault a exigé la fermeture des commerces jugés non essentiels. 

«On a eu peur, mais on a connu des situations plus rocambolesques. On a fait face à ce défi avec optimisme, et l’important, pour nous, était de bien gérer la situation. Il fallait revenir à la base, se réorganiser et être là pour la clientèle», a-t-elle expliqué lors d’un entretien téléphonique. Copropriétaire avec son conjoint Martin Granger, le couple en a vu d’autres. En août 2009, ils faisaient l’acquisition de la Librairie Raffin et de ces cinq succursales en faillite. 

«On a relevé, à ce moment, un immense défi en sortant une entreprise de la faillite», a-t-elle précisé.

Chantal Michel explique que l’entreprise, qui a des succursales à Place Versailles, sur la Plaza Saint-Hubert et à Repentigny, s’est rapidement mise en mode réorganisation.

«Une réorganisation qui se faisait presque tous les jours au début et à toutes les semaines par la suite. Je savais que ça serait difficile, mais je croyais en notre entreprise. On avait l’impression qu’on pouvait s’en sortir», a fait remarquer celle qui est responsable des finances et des opérations de l’entreprise.

Les succursales dirigeaient les commandes vers l’entrepôt du siège social, à Repentigny, où les services ont été centralisés. Un employé de chaque succursale était aussi en poste pour offrir des conseils, par courriel et par téléphone, aux clients. «Les livres que les gens cherchent n’étaient pas toujours disponibles et on pouvait échanger avec eux afin de leur proposer des options. Ça pouvait prendre trois heures, dans une journée, pour répondre aux courriels. Nous sommes reconnus pour notre service-conseil et il était important de le maintenir», a-t-elle fait savoir.

Les librairies Raffin recevaient, avant la pandémie, entre 70 et 100 commandes par semaine par l’entremise du site leslibraires.ca. Ce nombre a explosé pour atteindre, lors d’une semaine, plus de 1000 commandes.

La réouverture physique se déroule de belle façon. Les clients sont contents.

«Ils nous le disent. Lors de la réouverture de la succursale de Plaza Saint-Hubert, une cliente est venue me dire qu’elle était capable de se passer de changer de chandail ou de magasiner, mais que nourrir son esprit était primordial pour elle. Il n’y a pas une journée où un client ne nous dit pas merci», a-t-elle fait savoir.

Nourrir l’esprit

Chantal Michel a l’impression de faire un travail valorisant. Les gens, dit-elle, ont besoin de nourrir leur esprit. 

«Ça diminue le stress, on n’est jamais seul, ça apporte la tranquillité, la paix intérieure, ça permet de s’évader, de voyager, d’acquérir des nouvelles connaissances, de se divertir et de stimuler son cerveau.

Les gens ont compris que la lecture est le meilleur ami du confinement», a-t-elle fait savoir.

Avec des journées de 14 heures par jour et peu de congés au cours des quatre derniers mois, Chantal Michel n’a pas eu beaucoup de temps pour nourrir son esprit. Elle a l’intention, lorsque ce sera possible, de plonger dans Shuni, de Noamie Fontaine, et L’exil vaut le voyage, de Dany Laferrière. 

Les suggestions de la Librairie Raffin 

Shuni

Naomie Fontaine

2019

L’exil vaut le voyage

Dany Laferrière

2020

Chantal Michel
Photo courtoisie

La mariée de corail : la deuxième enquête de Joaquin Moralès

Roxane Bouchard

2020

Ténèbre

Paul Kawczak

2020

Les Rosemonteries

Sébastien Ste-Croix Dubé

2020

*On peut se procurer des livres dans les librairies indépendantes via le site leslibraires.ca.