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Prendre l’avion en pleine pandémie

Prendre l’avion en pleine pandémie
JOEL LEMAY/AGENCE QMI

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DORVAL | Port du masque obligatoire dans l’avion, aéroports vides, quarantaine obligatoire: voyager entre les États-Unis et le Québec a bien changé depuis la COVID-19. Voici l’expérience de trois passagers rencontrés à l’Aéroport international Montréal-Trudeau cette semaine.

Les yeux fatigués, Pierre-Alexandre Morin pousse un soupir de soulagement en franchissant la porte de sortie de l’aéroport. Il est enfin rentré au Canada après quatre mois au Japon et une escale de 22 heures à Detroit, au Michigan. Lors de son transfert, il affirme ne pas avoir eu à faire de quarantaine selon les lois en vigueur là-bas, bien que le site de la compagnie aérienne Delta prétendait le contraire.

«Quand je suis arrivé à Detroit, ils n’ont pas pris ma température. Je suis rentré super rapidement, lance-t-il. J’étais content de ne pas faire de quarantaine au Michigan, mais ils devraient faire une loi pour tout le pays au complet.»

Son état de santé a été examiné avant de s’envoler vers le Canada et plus tard aux douanes de l’Aéroport international Montréal-Trudeau. Ne lui restera plus qu’à s’isoler pendant 14 jours, loin de ses proches.

«Mon père va venir me chercher et il va m’amener chez moi. Il va mettre un masque et me faire une épicerie», conclut-il.

Sophie Kucera

Sur les bancs du quai des arrivées, Sophie Kucera, une étudiante de McGill originaire du Minnesota, attendait une amie pour l’aider à faire son épicerie et pour la mener vers son lieu de quarantaine.

«Je suis soulagée d’être enfin arrivée», souffle-t-elle.

L’étudiante de 19 ans est revenue à Montréal pour commencer sa deuxième année en économie et développement international après avoir quitté le pays en mars, au début de la pandémie.

Mme Kucera avait téléchargé l’application ArriveCAN. Lancée en avril 2020 par l’Agence des services frontaliers du Canada, cette application mobile permet aux voyageurs et aux ressortissants de remplir virtuellement leurs coordonnées quant à leur état santé et d'établir un plan de quarantaine 48 heures avant l’arrivée. Celle qui s’était préparée au pire se dit agréablement surprise de son expérience.

«Avant de rentrer dans mon vol, on a pris ma température et on nous a dit: “Voici les papiers dont vous aurez besoin et ce que vous devez savoir avant d’entrer au Canada”», explique-t-elle.

«Aux douanes, on m’a demandé mon permis d’études, mon plan de quarantaine. Il y avait plein d’agents pour répondre à nos questions sur place lorsque je suis arrivée, c’était super aidant», ajoute la jeune femme.

Nadia Pelletier

Expatriée pour une durée de deux ans en Alabama pour son travail, Nadia Pelletier est revenue chercher son fils.

«Avec Air Canada, on portait le masque dans l’avion, on nous a remis un kit avec du désinfectant, de l’eau. C’est rassurant», dit-elle.

Même si elle partira aux États-Unis avec son fils pour rejoindre le reste de sa famille plus tard, Nadia n’a pas le choix: elle doit d’abord se mettre en quarantaine dans sa résidence au Québec.

«Ça devient comme la routine, avance Mme Pelletier. J’étais presque en quarantaine depuis mars aux États-Unis; moi et mon conjoint, on travaillait de chez moi, les enfants faisaient l’école à la maison et on sortait juste pour l’épicerie.»

Des aéroports vides

Sur les cinq heures passées sur le terrain, notre journaliste n’a croisé que quelques douzaines de voyageurs par vol, la plupart venant d’Europe. Presque désert, l’aéroport est fermé aux visiteurs et le port du masque est obligatoire sur le site.

D’après Anne-Sophie Hamel, directrice aux affaires corporatives et aux relations médias chez Aéroports de Montréal, Montréal-Trudeau n’a pas été épargné par les contrecoups de la COVID-19 sur l’industrie aérienne.

«Le nombre de passagers s’est établi à 156 000 au deuxième trimestre 2020 [...]. C’est une baisse 96,9% par rapport à la même période [l’an dernier]», précise-t-elle par courriel.

Il y a actuellement environ 60 vols à destination des États-Unis et 60 vols qui en arrivent, par semaine, à YUL. Un total de huit destinations américaines sont desservies au départ de YUL: Atlanta, Boston, Charlotte, Chicago, Detroit, Fort Lauderdale, Newark et Philadelphie.

Mais la pandémie aura eu au moins un effet positif: à cause du nombre limité de voyageurs, il y a très peu de temps d’attente à la file pour passer la sécurité et s’enregistrer.

Quant aux ressortissants étrangers venus des États-Unis: n’entre pas qui veut. Seuls les motifs de voyage incluant le travail, les soins médicaux immédiats, les études, les employés en santé ou encore les services économiques sont acceptés.

Un résumé pertinent de la journée,
chaque soir, grâce aux diverses
sources du Groupe Québecor Média.