/world/opinion/columnists
Navigation

Habiter à côté d’un volcan

US-POLITICS-TRUMP
Photo AFP Le président américain Donald Trump à son arrivée à l’aéroport de Tampa, en Floride, vendredi.

Coup d'oeil sur cet article

Sommes-nous à la veille d’une immigration massive en provenance des États-Unis? La multiplication des demandes d’immigration d’Américains laisse penser que oui. Le gâchis politique, économique et social au sud de la frontière explique la hausse des demandes.

Cependant, ni le Québec ni le Canada ne peuvent accueillir autant d’immigrants et de réfugiés qu’auparavant, parce que les conditions économiques ne s’y prêtent plus. Pire, beaucoup d’immigrants américains (ou autres) apportent avec eux une vision du monde opposée à celle des Canadiens et des Québécois. 

Par exemple, leurs catégorisations racistes omniprésentes, leur individualisme extrême ou leur fondamentalisme religieux s’opposent à notre antiracisme, à notre solidarité sociale ou à notre laïcité de l’État. Même sans immigrant, ces idées malveillantes s’infiltrent chez nous et menacent notre paix sociale.

Le Canada et le Québec, avec leur soutien aux citoyens en éducation, en santé ou à l’emploi, font l’envie de beaucoup d’Américains et de bien des gens ailleurs. Non pas que le Québec et le Canada soient parfaits. Mais ils sont en tête de peloton.

Combien d’immigrants ou de réfugiés accueillir?

Combien d’immigrants et de réfugiés le Canada et le Québec peuvent-ils accueillir en ce moment ? Les chiffres du chômage montrent que la situation actuelle est inquiétante. Tant que l’économie ne se sera pas redressée pour de bon, la réponse à cette question devrait être : zéro, sauf peut-être pour des cas de réunifications familiales et pour l’accueil de spécialistes très recherchés.

Mais cette réponse est toute théorique. Il se trouvera toujours de bonnes âmes pour estimer que les Canadiens et les Québécois sont responsables de la misère du monde et pour offrir jusqu’à leur dernière chemise aux immigrants et aux réfugiés qui se pressent aux frontières. 

Problèmes d’assimilation

Il faut rappeler à ces gens plus catholiques que le pape que bien des immigrants et des réfugiées n’assimileront les valeurs antiracistes, solidaires et laïques qu’à condition de trouver un emploi durable. Sans emploi, ils se ghettoïseront et ils risqueront de trouver consolation dans des valeurs anti-québécoises et même anti-canadiennes. 

Or, les emplois se font rares. Comme partout dans le monde, les immigrants récents sont les derniers à trouver du travail en temps de chômage élevé. Pour cette raison, les gouvernements devraient envoyer des messages clairs qui découragent l’immigration et ils devraient être plus durs à l’endroit des réfugiés. 

Le Canada et le Québec ont plus que fourni leur part d’efforts pour recevoir des immigrants et des réfugiés, pendant des décennies. 

La situation économique désastreuse que nous vivons et surtout le volcan qui risque d’entrer en éruption au sud de la frontière si Donald Trump est réélu devraient nous inciter à la plus grande prudence en matière d’immigration et d’accueil de réfugiés. 

Mais allez donc expliquer cette logique à ceux qui ne raisonnent qu’en termes moraux. Ils vous accuseront de toutes les vilenies.