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Un organisme accompagnant des centaines d’aînés presque sans bénévoles

Le coordonnateur des bénévoles Éric Côté (en arrière) et la travailleuse communautaire Josée Allard (en avant) ont dû faire de l’accompagnement médical en raison d’une pénurie de bénévoles chez l’organisme Les Accordailles, le 31 juillet 2020.
Gabrielle Morin-Lefebvre Le coordonnateur des bénévoles Éric Côté (en arrière) et la travailleuse communautaire Josée Allard (en avant) ont dû faire de l’accompagnement médical en raison d’une pénurie de bénévoles chez l’organisme Les Accordailles, le 31 juillet 2020.

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MONTRÉAL | Un organisme du Plateau Mont-Royal qui aide des aînés à rester autonomes a presque perdu tous ses bénévoles depuis le déconfinement. 

Les Accordailles n’ont plus aucun bénévole pour accompagner à leur rendez-vous la centaine d’aînés qui ont besoin d’aide régulièrement.

L’organisme, qui offre aussi des services à 150 autres personnes âgées sur une base occasionnelle, crie à l’aide.

«Des organismes comme le nôtre, c’est les bénévoles qui les font vivre. Sans eux, on ne peut pas y arriver», martèle le coordonnateur des bénévoles, Éric Côté.

Éric Côté, coordonnateur des bénévoles, dans son bureau des Accordailles, le 31 juillet 2020.
Gabrielle Morin-Lefebvre
Éric Côté, coordonnateur des bénévoles, dans son bureau des Accordailles, le 31 juillet 2020.

Les Accordailles est le seul organisme dédié aux aînés qui offre ce type d’accompagnement sur le Plateau. Il disposait d’une quarantaine de bénévoles avant la pandémie. Les appels répétés des autorités pour s’engager auprès des aînés au début de la crise ont pourtant porté fruit chez les Accordailles.

«On a eu une quinzaine de nouveaux bénévoles d’un coup. Le téléphone n’arrêtait pas et on ne pouvait pas répondre aux demandes», se souvient M. Côté.

Aujourd’hui, il ne reste plus qu’une dizaine de bénévoles, en comptant les nouveaux et les anciens. Aucun d’entre eux ne peut accompagner des aînés à l’hôpital, alors que les rendez-vous médicaux annulés pendant le confinement ont lieu en ce moment. La reprise du travail, l’âge de certains bénévoles et la peur du contact physique ou des hôpitaux y sont pour beaucoup.

«Parfois, on n'a qu’une heure pour trouver un bénévole pour un rendez-vous de dernière minute et on doit y aller nous-mêmes», dit M. Côté.

Près de la moitié des demandes doit maintenant être refusée afin de mettre la priorité sur les rendez-vous plus urgents.

Un organisme apprécié

Cette situation crée beaucoup d’anxiété et de déception chez les aînés semi-autonomes, selon Josée Allard, travailleuse communautaire pour les Accordailles. Plusieurs souffrent de troubles cognitifs qui se sont aggravés durant le confinement.

«J’ai accompagné un monsieur originaire de Chine cette semaine. Avant la pandémie, il marchait bien. Maintenant, il a beaucoup perdu au niveau cognitif. Il ne parle plus le français et il marche avec une marchette», confie Mme Allard, mentionnant qu’il était un scientifique érudit de l’Université McGill.

D’après Mme Allard, prendre soin des personnes âgées au Québec est encore peu valorisé et les jeunes adultes ont parfois moins de temps pour s’occuper de leurs aînés.

«C’est très gratifiant humainement et c’est une excellente expérience pour un premier travail. On s’attache vite», conclut-elle.

Cécile Trudeau — alias «Mme câlins» — utilise l’accompagnement de l’organisme et siège au conseil d’administration. La femme de 81 ans se dit choyée.

Cécile Trudeau, 81 ans (à gauche) et Jacqueline Ruelle, 78 ans (à droite) posent devant l’entrée de la tour d’habitation où est situé l’organisme Les Accordailles, le 31 juillet 2020. Ils sont parmi les 275 aînés autonomes et semi-autonomes qui utilisent Les Accordailles.
Gabrielle Morin-Lefebvre
Cécile Trudeau, 81 ans (à gauche) et Jacqueline Ruelle, 78 ans (à droite) posent devant l’entrée de la tour d’habitation où est situé l’organisme Les Accordailles, le 31 juillet 2020. Ils sont parmi les 275 aînés autonomes et semi-autonomes qui utilisent Les Accordailles.

«Mais s’il m’arrivait de quoi, je sais que je peux compter sur eux. Ce sont vraiment des anges, dit-elle. J’aime avoir quelqu’un près de moi comme eux quand j’attends des résultats chez le médecin, parce que sinon, je suis partie et j’angoisse.»

Les personnes qui désirent s’impliquer peuvent écrire à info@accordailles.org.