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Dommages collatéraux de la pandémie: les cas de séparation ont doublé

La COVID-19 a créé un cocktail d’anxiété explosif pour de nombreux amoureux

L’avocate Annie Drapeau, dans son bureau, chez Labrecque Doyon Avocat, à Québec.
Photo de Jean-François Desgagnés L’avocate Annie Drapeau, dans son bureau, chez Labrecque Doyon Avocat, à Québec.

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Les demandes de séparation ont doublé au Québec depuis le début de la pandémie de COVID-19 et il faut s’attendre à une deuxième vague tout aussi importante dès l’automne, selon plusieurs avocats spécialistes.

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«Ça fait 13 ans que je pratique et je n’ai jamais été aussi occupée que ça ! J’ai même été obligée de doubler les ressources humaines au bureau, parce qu’on n’arrivait pas [à répondre à la demande]», soutient Me Mylène Lemmel, spécialiste en droit familial.

Les principaux facteurs de séparation dans un couple sont très souvent le stress occasionné par les enfants et l’argent, indique l’avocate. 

Avec la fermeture des écoles, le télétravail ou la perte d’emploi, et l’anxiété causée par la pandémie, le coronavirus a créé un cocktail explosif pour de nombreux amoureux.

Résultat : les demandes de séparation ont doublé depuis le début de la crise, selon des spécialistes du milieu consultés par Le Journal, particulièrement chez les jeunes couples et les parents d’enfants en bas âge. 

Pour Me Patrick Chalut, avocat en droit familial, civil et international, et Me Annie Drapeau, avocate spécialiste en droit familial, à certains moment, la demande a augmenté de 100% par comparaison à avant la pandémie.

Me Drapeau trouve que le phénomène s’est d’ailleurs amplifié depuis deux ou trois semaines, en plein déconfinement.

«Ce que je vois aussi, c’est qu’il y a beaucoup de gens qui étaient déjà séparés, mais là, ils veulent des documents juridiques de la cour qui officialise la séparation», explique-t-elle.

Médiation

Outre les séparations, Me Chalut remarque aussi que la crise a augmenté les problèmes au sein de couples déjà séparés, notamment en ce qui a trait à la garde des enfants.

« Comme beaucoup de parents ne savaient pas comment réagir avec les mesures sanitaires comme la distanciation, ça a créé beaucoup d’inquiétude et de conflits », explique-t-il. 

  • Me Sharon Otis, avocate spécialisée en droit de la famille, revient sur la situation à QUB Radio:  

Cela a eu comme effet d’augmenter aussi les demandes de médiation. 

Par exemple, pour Me Lemmel, la médiation représentait environ 15 % de son temps de travail avant la crise. Aujourd’hui, cela représente près de 30 % de sa semaine.

Deuxième vague

Pour ces avocats, il n’y a pas de doute, il faut s’attendre à une deuxième vague de séparations cet automne.

«Financièrement, les gens ont encore [en ce moment] de l’aide du gouvernement. Mais quand ça va s’arrêter, là, il va y avoir des problèmes financiers et ça va créer des problèmes dans les couples et on va voir une nouvelle augmentation des séparations», estime Me Annie Drapeau.

Pour Geneviève Beaulieu-Pelletier, psychologue clinicienne et professeure associée à l’Université du Québec à Montréal, cette réflexion n’est pas surprenante.

« En ce moment, le fait qu’on est en vacances et qu’il fait beau, ça aide un peu, si je puis dire. Mais à l’automne, on aura plus cet effet vacances ! Les soucis financiers et le casse-tête de l’école vont recommencer. Alors, on peut s’attendre à ce que ça cause plus de stress et donc plus de conflits dans les couples », pense-t-elle.

Procédure rapide

Malgré la demande et la crise, le processus de séparation reste tout de même très rapide. 

Principalement parce que le ministère de la Justice a dû s’adapter et changer ses procédures.

«Le fonctionnement de la cour est beaucoup plus efficace, car tout a été numérisé et tout se fait par internet, on n’a plus à se déplacer», explique Me Drapeau.

Un résumé pertinent de la journée,
chaque soir, grâce aux diverses
sources du Groupe Québecor Média.