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Des nageurs russes traversent le lac Baïkal pour attirer l’attention sur les problèmes écologiques

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Mike Drew/Calgary Sun/QMI Agency

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Cinq nageurs russes ont traversé mercredi les eaux glacées du lac Baïkal en Sibérie, dans l’espoir d’attirer l’attention sur les nombreuses menaces écologiques auxquelles fait face le plus grand lac d’eau douce du monde. 

Sans combinaisons, les nageurs, quatre hommes et une femme, se sont relayés pour traverser 55 kilomètres du lac et finir près de la ville d’Irkoutsk, une performance pour laquelle ils se sont entraînés pendant plusieurs années.

Chaque nageur accomplissait une séance de 10 à 30 minutes dans le lac avant d’être relayé par un autre, précaution nécessaire à cause d’une température de l’eau qui peut descendre jusqu’à 9°C.

« Cette performance est dédiée à l’écologie et à la pureté du Baïkal, pour attirer l’attention sur notre lac », a déclaré à l’AFP l’un des nageurs, Andreï Bougaï.

« Lorsque les températures sont basses, les muscles deviennent durs et le corps n’obéit pas bien (...) Nous n’étions pas prêts à cela », a confié un autre nageur, Evgueni Zazioulia, qui dirige un club de natation.

Un bateau des services de sauvetage accompagnait les nageurs tout au long de leur traversée, qui a duré 17 heures et s’est achevée mercredi matin.

Baptisée « Pour un Baïkal propre », la performance était consacrée à l’ensemble des problèmes écologiques qui touchent le lac depuis des années. Plus grande réserve d’eau douce de la planète, le Baïkal souffre notamment d’une invasion d’algues, d’un intense tourisme et des feux de forêts qui l’entourent chaque année.

Les écologistes russes dénoncent en outre la décision du président russe Vladimir Poutine, prise fin juillet, d’autoriser les coupes d’arbres dans la région, afin de développer les grandes lignes ferroviaires qui passent près du lac.

Le gouvernement a également dit envisager d’autoriser des industries à fonctionner dans la région après autorisation préalable.

« Si ce plan est approuvé dans la forme actuelle, cela signifie que n’importe quoi peut être construit sur les rives du lac Baïkal », s’est alarmé Mikhaïl Kreindlin, de l’ONG Greenpeace Russie.