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Exportation d’hydroélectricité aux États-Unis: des groupes autochtones réclament des «milliards de dollars»

Exportation d’hydroélectricité aux États-Unis: des groupes autochtones réclament des «milliards de dollars»
JEAN-FRANCOIS DESGAGNES/JOURNAL

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Les Innus de Pessamit et les Atikameks de Wemotaci menacent de bloquer la construction d’une importante ligne de transport d’hydroélectricité vers le Massachusetts si Québec ne s’engage pas à leur verser des milliards de dollars, comme ce fut le cas avec les Cris lors de la Paix des Braves.

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La communauté de Pessamit, sur la Côte-Nord, estime avoir joué un rôle déterminant dans l’abandon du projet Northern Pass au New Hampshire l’an dernier, grâce à son lobbyisme auprès des médias et des décideurs américains. 

René Simon, chef des Innus de Pessamit.
Photo Jean-François Desgagnés
René Simon, chef des Innus de Pessamit.

Les deux groupes menacent maintenant de reprendre le bâton du pèlerin pour faire échouer le projet qui l’a remplacé, soit une ligne qu’Hydro-Québec souhaite faire passer par le Maine pour alimenter le Massachusetts. 

«S’il n’y a pas d’amélioration du côté du gouvernement du Québec, on va faire une campagne publicitaire contre Hydro-Québec, contre le gouvernement du Québec [...] et on va poursuivre la démarche aux États-Unis», a expliqué le chef des Innus de Pessiamit, René Simon, lors d’un conférence de presse à Québec. 

Pressions aux États-Unis

Et si le lobbyisme échoue, le chef Simon n’exclut pas des blocus comme ceux qui ont paralysé le réseau ferroviaire du pays l’hiver dernier. «Si, en cours de route, on s’aperçoit que ce que le gouvernement du Québec amène à la table, ce n’est pas assez pour nous, je pense qu’on va être obligés d’agir autrement», laisse-t-il planer. 

Se disant victimes d’un «racisme systémique» en raison de la pauvreté dans laquelle leurs communautés sont plongées, les deux groupes réclament également d’importantes compensations pour 33 ouvrages de production hydroélectrique, en plus de 130 barrages et digues déjà construits sur leurs territoires. 

Guy Laloche, conseiller au Conseil des Atikamekw de Wemotaci.
Photo Jean-François Desgagnés
Guy Laloche, conseiller au Conseil des Atikamekw de Wemotaci.

Le conseiller de la communauté Atikamek de Wemotaci, Guy Laloche, estime que ces sommes permettraient d’aplanir les inégalités sociales. «On veut changer cette dynamique-là», dit-il en référence à la pauvreté et au taux de chômage élevé qui affectent sa communauté. 

Alys Quoquochi, conseillère au Conseil des Atikameks de Wemotaci.
Photo Jean-François Desgagnés
Alys Quoquochi, conseillère au Conseil des Atikameks de Wemotaci.

Comme la Paix des Braves

Pour sa part, le chef Simon explique qu’il ne souhaite pas négocier une entente territoriale, mais plutôt obtenir des compensations. 

«La dernière entente qu’il y a eu, avec la Paix des Braves, c’est des milliards de dollars, fait-il remarquer. Ça touche les projets de développement hydroélectrique, les projets miniers, les projets forestiers... Ça touche tous les projets qui font du désastre au niveau du territoire ancestral des Cris. C’est la même situation qu’on vit, au niveau des Innus et des Atikameks.»