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Un avion construit par Bombardier saisi à Montréal à la demande du Nigéria

Un avion construit par Bombardier saisi à Montréal à la demande du Nigéria
Photo d'archives, AFP

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Un jet d'affaires fabriqué par Bombardier au cœur d'une affaire de corruption au Nigéria peut bel et bien demeurer saisi à Montréal à la demande de ce pays d'Afrique, a statué la Cour supérieure du Québec cette semaine.

Selon ce qu'a rapporté Radio-Canada, l'appareil, un Global 6000, avait été saisi la semaine dernière après s'être posé à l'aéroport Montréal-Trudeau.

Selon les allégations du Nigéria relayées par la Société d'État, le jet a été acquis par un ancien ministre du Pétrole, Dan Etete, qui aurait blanchi de l'argent qu'il aurait détourné de l'État nigérian en achetant divers biens, incluant l'avion de luxe. L'homme aurait accordé un important contrat pétrolier à une firme qu'il aurait lui-même mise sur pied.

L'ancien ministre fait d'ailleurs l'objet d'un mandat d'arrestation. Il a toujours nié les faits avancés par son pays.

Le Global 6000 aurait récemment été remis à neuf et annoncé pour être vendu. Le Nigéria a donc exigé la saisie de l'avion, dans l'espoir de récupérer une partie des fonds qui auraient été détournés par M. Etete.

Bombardier s'est dissocié de cette affaire en indiquant à Radio-Canada que l'arrivée de l'avion à Montréal n'était pas prévue par l'entreprise. L'avionneur n'a pas précisé à qui elle avait vendu le Global 6000 en 2011, se contentant d'indiquer que ce n'était pas à Dan Etete.

Ce n'est pas la première fois qu'un avion de Bombardier se retrouve lié à une histoire de corruption en Afrique.

L'an dernier, Exportations et Développement Canada (EDC) avait enfin pu récupérer un autre Global 6000 appartenant à Westdawn Investments, une entreprise sud-africaine appartenant à des membres de la famille Gupta qui est au cœur d’allégations de corruption et d’ingérence politique durant le règne du président d’Afrique du Sud Jacob Zuma.

EDC avait prêté 41 millions $ US à cette entreprise pour l'aider à acheter le jet d'affaires de luxe en 2015, mais le remboursement de ce prêt avait cessé en 2017.