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Liban: «On ne peut plus vraiment parler d'espoir»

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Avec les explosions au port de Beyrouth, la colonne vertébrale de l’importation libanaise, certains citoyens n’ont tout simplement plus envie de rester dans leur patrie. 

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Naufrage économique, pandémie et maintenant des déflagrations meurtrières; puis quoi encore? C’est ce que se demande Nada Raphaël, guide touristique qui se trouvait à 70 kilomètres de Beyrouth en compagnie de touristes quand est survenue la tragédie.

«On ne peut plus vraiment parler d’espoir, a-t-elle lâché en entrevue sur les ondes de LCN, jeudi. J’étais parmi celles qui disaient toujours : "Ça va aller, ça va aller." Vous savez, on a eu une année extrêmement difficile.»

Elle n’a pas hésité à parler de «chaos total».

AFP

«Les gens demandent au moins d’avoir un gouvernement qui bouge, qui fait quelque chose, une certaine stabilité, qu’elle soit politique, économique ou sociale», a-t-elle ajouté.

«Personnellement, je n’ai plus d’espoir, a-t-elle répété jeudi. Je suis partie du Canada en 2013 pour m’installer au Liban. Maintenant, je me demande si ça vaut la peine de continuer.»

Affirmant être «là pour dire aux gens de venir voir le Liban», la guide a «senti la secousse» et «vu la fumée» avec ses clients.

Avant ces explosions qui ont fait une centaine morts et 5000 blessés dans la capitale, le Liban souffrait déjà non seulement des contrecoups de la propagation de la COVID-19, sanitaires et économiques, mais aussi du soulèvement de l’automne 2019 contre le gouvernement, accusé de corruption et d’inertie face à une pauvreté en croissance à travers la nation.

Près d’un Libanais sur deux vivrait dans la pauvreté, rapportait l’AFP mercredi d’après des statistiques officielles.

AFP

«Mes amis sont extrêmement traumatisés. Ils ne comprennent vraiment pas ce qui s’est passé. Quand je leur demande ce qu’ils ont vu, ils ne savent pas. On est au stade de chercher les gens et d’essayer d’aider. C’est après qu’on va se demander ce qu’on fait maintenant. Les gens qui ne voulaient pas partir commencent à penser à partir. C’est vraiment terrible», a dit la guide touristique.

«Ç’a commencé en octobre, avec la révolution. Les gens sont déjà en colère, il y a une dévaluation de la livre libanaise (qui valait 0,00088 dollar canadien au moment d’écrire ces lignes, NDLR). Il y a des gens qui sont en colère contre le gouvernement qui ne fait pas son travail. En tant que guides opérateurs, on recevait entre 200 et 300 coups de fil par mois, de gens qui nous demandaient de les aider pour avoir des gens pour acheter leurs produits.»

AFP

Se serrer les coudes pour Beyrouth

En attendant de trouver une façon de se relever ou de fuir, selon les cas, les gens du Liban sont en mode entraide, constate Nada Raphaël, installée dans un poste de sécurité pour discuter à distance avec les médias québécois.

«C’est terrible ce qui se passe par ici», a souligné la citoyenne libanaise.

«Il y a des centaines de milliers de bénévoles qui sont venus d’un peu partout au Liban pour aider à nettoyer, voir s’il y a encore des blessés à aider, a-t-elle confié. Il y a des gens de partout, des étudiants et des adultes qui sont là avec leur balai et leur pelle. Ils cherchent, pour voir s’ils vont retrouver leurs proches. Ils passent d’un hôpital à un autre parce qu’ils ont perdu leurs proches, leurs amis.»