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Bombardier mise sur la pandémie pour vendre des jets d’affaires

Les riches aiment pouvoir voyager sans voisins de rangée et en évitant les aérogares

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Photo d'archives, AFP Le Challenger 350 de Bombardier Avions d’affaires est l’appareil le plus vendu de sa catégorie.

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Le nouveau PDG de Bombardier, Éric Martel, ne s’en cache pas : la crise sanitaire pourrait l’aider à vendre des jets d’affaires aux ultra-riches.

« Le jet d’affaires pourrait bien devenir un gagnant de cette pandémie puisque les gens voudront voyager de façon plus sûre », a estimé hier M. Martel. 

Le dirigeant faisait allusion aux avantages évidents de voyager dans un avion privé par rapport aux vols commerciaux lorsqu’il importe de limiter ses contacts avec autrui : pas de va-et-vient dans les aéroports, pas de voisin de rangée, pas de toilettes communes.

Reprise rapide

D’ailleurs, l’activité reprend rapidement dans l’aviation d’affaires : aux É.-U., le recul du trafic n’est plus que de 15 % par rapport à l’an dernier, alors qu’il est toujours de 65 % dans l’aviation commerciale, selon FlightAware.

Mais cela ne se traduit pas encore, pour l’instant, en nouvelles ventes pour Bombardier. En fait, au deuxième trimestre, la valeur du carnet de commandes de l’entreprise dans l’aviation d’affaires a reculé de 10 % pour se chiffrer à 12,9 milliards $ US.

Au cours de la période de trois mois qui a pris fin le 30 juin, Bombardier a livré à peine 20 jets d’affaires, contre 35 l’an dernier.

En juin, Bombardier a annoncé le licenciement de 2500 travailleurs, dont 1500 au Québec, à cause justement de l’impact négatif de la pandémie sur la demande d’avions.

Bombardier estime que la crise a amputé ses liquidités de 700 à 900 millions $ US pendant le trimestre. Pour se renflouer, l’entreprise a récemment emprunté 1 milliard $ US. 

La pandémie porte également un coup dur aux activités de fabrication de composants aéronautiques de Bombardier. Au deuxième trimestre, les ventes de cette division ont reculé de façon importante tout comme la valeur de son carnet de commandes.

Ventes d’actifs

Le hic, c’est que Bombardier tente actuellement de finaliser la vente de deux usines de composants, situées en Irlande du Nord et au Maroc, à l’américaine Spirit AeroSystems. Plus tôt cette semaine, Spirit a noté que les conditions de la transaction n’étaient toujours pas respectées.

Bombardier devra-t-elle se contenter de moins que le prix de vente convenu, soit 500 millions de dollars américains ?

« On a une entente ferme sur le prix et c’est ça qu’on va travailler à avoir », a simplement répondu Éric Martel.

Ce dernier s’est aussi montré rassurant quant à la vente des activités ferroviaires à Alstom pour 10,7 milliards $. 

Hier, Bombardier a annoncé de nouveaux dépassements de coûts de 435 millions de dollars américains pour des projets en voie d’achèvement, principalement au Royaume-Uni et en Allemagne.

« Pour nous, la valeur [de la division ferroviaire] demeure quand même la même », a soutenu M. Martel.

L’action de Bombardier a clôturé hier à 43 cents à la Bourse de Toronto, un cours inchangé par rapport à celui de la veille. 

Bombardier au deuxième trimestre   

  • Revenus : 2,7 G$ US (-37 %) 
  • Perte nette : 223 M$ US (+519 %) 
  • Utilisation des liquidités : 1 G$ US (+142 %) 
  • Carnet de commandes : 47,6 G$ US (-9 %)