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Grève générale illimitée des débardeurs du Port de Montréal

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MONTRÉAL | Le syndicat des débardeurs du Port de Montréal entend entamer une grève illimitée lundi, ce qui pourrait avoir de graves conséquences sur les exportateurs. 

La section locale du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) a donné un préavis de 72 heures à l'Association des employeurs maritimes (AEM), en espérant faire plier d’ici là la partie patronale sur la question des salaires de soir, de nuit et de fin de semaine.

Sinon, la grève sera déclenchée lundi à 7 h et elle sera sur le territoire du Port de Montréal, y compris au terminal Contrecœur. L’arrêt de travail s’appliquera aux débardeurs, mais aussi aux grands contremaitres, ainsi qu’aux hommes d’entretien.

Dans sa lettre aux membres, le syndicat a indiqué constater «un état de "lock-out technique" provoqué par l’AEM et les compagnies maritimes» puisque «plusieurs navires ont déjà été détournés vers d’autres ports, dont notamment Halifax, New York et Saint-Jean (Nouveau-Brunswick)».

Le syndicat a aussi spécifié avoir accordé une trêve dans le mouvement de contestation en vue de négocier, en contrepartie d’engagements précis d’AEM, qui a refusé.

Du côté de l’Administration portuaire de Montréal (APM), on est très inquiet devant cette menace de grève.

«L'APM est très préoccupée par cet arrêt de travail pour la santé et la sécurité du public dans cette période de pandémie mondiale, car les activités portuaires sont essentielles à la bonne marche de l'économie et pour le ravitaillement, entre autres, des produits alimentaires et autres biens essentiels», écrit-on dans un communiqué envoyé vendredi en fin d’après-midi.

Même si certaines sections du Port de Montréal continueront de fonctionner normalement en cas de grève, des manufacturiers canadiens pourraient payer les frais de ce conflit de travail.

D’importants retards sont à prévoir, des bateaux devront se rediriger vers d’autres ports en Amérique du Nord et certaines entreprises locales pourraient devoir louer des entrepôts à Montréal, comme leurs stocks ne pourront être acheminés vers l’international, a-t-on mentionné.

L’APM demande au gouvernement fédéral d’intervenir pour forcer la résolution du conflit.

La convention collective des débardeurs, responsables de charger et de décharger les navires, est échue depuis 2018. Les débardeurs avaient débrayé pendant quatre jours durant la semaine du 27 juillet dernier. Cet arrêt de travail en avait suivi un autre quelques semaines plus tôt.