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Championnat de la PGA: l’heure de la rédemption pour Dustin Johnson

Dustin Johnson lorgne encore le trophée Wanamaker

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Photo AFP Dustin Johnson est seul en tête après trois rondes au Championnat de la PGA, à San Francisco.

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Dix années ont passé depuis l’imbroglio au 72e trou au Championnat de la PGA d’Amérique 2010 à Whistling Straits. Dustin Johnson a longtemps ruminé sa très coûteuse gaffe. L’heure de la rédemption peut résonner au TPC Harding Park, dimanche soir.

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Grâce à une splendide ronde de 65 (-5) ponctuée de huit oiselets, samedi, l’Américain a grimpé 10 échelons au classement en s’installant seul en tête du championnat disputé à San Francisco. 

Jamais DJ n’a occupé la tête de ce tournoi après 54 trous. L’an dernier, à Bethpage Black, il pointait tout juste derrière le meneur Brooks Koepka pour finalement garder cette position malgré une bonne bataille. 

C’était son cinquième top 10 en 10 présences au tournoi. Moins douloureux toutefois que ce beau dimanche après-midi d’août sur le Straits en 2010, au Wisconsin. 

Histoire dramatique

Avec une avance d’un coup sur le tertre du 18e, il avait frappé sa balle hors de l’allée, derrière les cordages la longeant, dans une minuscule fosse de sable difficilement identifiable en raison des débris la jonchant. À l’adresse, il avait déposé son fer 4 derrière la balle avant de se poser la question s’il était bien dans une fosse. Ce ne l’était pas à son avis. Il l’avait finalement frappé à sept pieds du fanion. C’était la marche vers la gloire d’un premier titre majeur.

Minute ! 

Dans le bureau de pointage, les officiels l’ont questionné sur la fosse et les officiels lui avaient octroyé deux coups de pénalité. Non seulement perdait-il le titre, mais en raison d’une normale au 72e trou, il n’était pas de la prolongation avec Bubba Watson et l’éventuel champion, Martin Kaymer. 

Johnson a assurément appris de cette difficile leçon. Sept ans plus tard, il a mis la main sur son premier titre du Grand Chelem lors de l’Omnium des États-Unis à Oakmont, non sans une autre visite des officiels et un coup de pénalité en ronde finale. Une autre histoire d’un mouvement de balle sur un vert lors de l’adresse... 

Efficace

Cette fois, à Harding Park, les fosses sont très bien identifiées ! Pas d’imbroglio. DJ contrôle sa destinée avec un jeu à point et un fer droit très coopératif. 

Il ne compte plus les fois où il était au plus fort de la course en ronde finale d’un majeur. L’expérience ne s’achète pas. À 36 ans, il pourrait reléguer aux oubliettes les erreurs du passé. 

« J’ai souvent bataillé au sommet d’un tableau principal. Ce ne sera pas différent. Il faut que je me présente et livre une bonne performance pour gagner. Pour cela, il faut toucher les allées et les verts. Je dois faire comme j’ai fait aujourd’hui [samedi] et effectuer le travail. »

Cette dernière journée de compétition à San Francisco s’annonce splendide. Selon les prévisions, le soleil brillera, mais les vents de 15 à 25 km/h compliqueront la tâche des golfeurs. Surtout sur le neuf de retour, où les trous sont exposés le long du lac Merced. 

Chaude lutte

À l’image des deux premières rondes, la troisième a aussi ressemblé à un derby effréné. À un certain moment, six joueurs ont partagé la tête, dont le Chinois Haotong Li, qui a finalement reculé au 13e rang en raison d’un deuxième neuf difficile où il a commis un double boguey en plus de deux bogueys. Jason Day, Tommy Fleetwood et Justin Rose ont perdu quelques plumes pendant que Bryson DeChambeau, Cameron Champ et Colin Morikawa ont grimpé dans le tableau principal. 

Avec un score cumulatif de -9, Johnson détient une avance d’un coup sur Champ et Scottie Scheffler. Pas moins de 12 golfeurs figurent à trois coups et moins du sommet, dont le double champion défendant, Brooks Koepka (-7). 

Dans le calepin...

  • Tiger Woods ne changera pas son fer droit. Le problème n’est pas le bâton, mais plutôt celui qui le tient. Encore samedi, le Tigre a peiné sur les verts dans sa ronde de 72 (+2) avec 31 roulés. Jusqu’au 14e fanion, il n’avait rien « callé » de plus de sept pieds. Un roulé de 10 pieds pour la normale l’a fait débloquer. Tiger a expliqué son problème sur les verts par deux raisons. La première, il estime que le vert de pratique est légèrement plus rapide que les 18 sur le parcours. C’est donc pourquoi il a laissé de nombreux roulés à court. Secundo, il a toujours éprouvé des ennuis quand il ne se sent pas en confiance sur la surface. « Ma sensation et ce que je vois ne vont pas ensemble. Je n’ai jamais bien fait dans ma carrière quand les verts semblent rapides et qu’ils sont lents. Parfois, j’ajuste le poids sur mon bâton afin de m’assurer que la balle se rende au trou. Le bâton n’est pas un problème dans le cas présent. »
  • Justin Thomas est reconnu pour sa franchise. Il l’a de nouveau démontré en entrevue samedi. Mécontent de certaines erreurs, notamment des bogueys aux 8e et 9e fanions, il a bousillé un excellent départ, alors qu’il avait réalisé 5 oiselets jusque-là. « Pissed off », voilà l’expression utilisée pour qualifier son degré d’insatisfaction. « C’est le meilleur terme pour le décrire, c’est tout. J’ai laissé filer une bonne ronde et l’opportunité de me placer en bonne position au tableau », a fait savoir le numéro un mondial, au 34e rang.
  • En entrevue après sa ronde, Dustin Johnson a lâché une perle. Durant la journée, il a perdu son précieux livret de distances. Selon lui, il serait tombé au fond de son sac et il ne voulait pas retirer tous ses bâtons. Son frère AJ, qui est son cadet, lui a alors tendu un autre livret. « C’était celui du tournoi de la semaine passée. Mais ce n’est pas grave, tout a bien été », a rigolé DJ.