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Des motocyclistes en ont assez des nids-de-poule destructeurs

Certains ont été blessés et d’autres ont dépensé des milliers de dollars en réparations

Réjean Rose
Photo collaboration spéciale, Émélie Rivard-Boudreau Réjean Rose, d’Amos, a dépensé plus de 2000 $ pour réparer la suspension, puis les supports du moteur de sa moto à cause du mauvais état des routes.

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AMOS | Des motocyclistes de l’Abitibi en ont ras le bol des nids-de-poule et des autres crevasses qui déforment les routes de leur région et qui rendent leurs sorties à moto coûteuses et dangereuses. 

« Ça n’a pas bon sens. Je ne comprends pas qu’il y a autant de trous dangereux », s’insurge Réjean Rose. 

Des nids-de-poule sur la route 109 en Abitibi.
Photo collaboration spéciale, Émélie Rivard-Boudreau
Des nids-de-poule sur la route 109 en Abitibi.

Au volant de sa moto, le résident d’Amos doit constamment contourner les trous qu’il croise sur les routes 109, 111 et 395. 

Et il n’est pas le seul. 

« Souvent, on voit les lignes noires de patchs. Il n’y a rien de pire que ça en moto. C’est comme de la glace », déplore Patrick Fortin, de Val-d’Or. 

« On est vraiment écœurés. On brise nos motos, on peut se tuer gratis avec des trous de même ! » soutient quant à lui Éric Chartré, un motocycliste d’Amos.

Un trou sur la route 111.
Photo collaboration spéciale, Émélie Rivard-Boudreau
Un trou sur la route 111.

Des récits d’accidents mineurs préoccupent aussi les amateurs de motos. Un incident est d’ailleurs survenu l’an dernier, lors du récent rallye provincial du Harley Owners Group, dont le tracé est situé sur plusieurs routes. 

« Un des participants a été blessé après avoir happé un trou », raconte Kevin Young, propriétaire d’Abitibi Harley-Davidson et organisateur de l’événement. 

Quelques peurs

M. Rose a, lui aussi, eu la frousse, à quelques reprises cet été, quand il n’a pas pu éviter certains nids-de-poule. 

« Ma blonde s’est fait une entorse au cou, j’ai cassé la suspension, puis des supports de moteur. Ça a coûté au-dessus de 2000 $ », énumère-t-il, hors de lui.  

C’est la goutte qui a fait déborder le vase. 

Depuis plusieurs jours, il publie des dizaines de photos et de vidéos sur sa page Facebook dans le but de faire corriger la situation.

En entendant ces histoires, le maire d’Amos et préfet de la MRC d’Abitibi a l’impression de vivre le jour de la marmotte. 

« Ça fait 12 ans que je fais de la politique municipale et c’est un sujet qui revient année après année », témoigne Sébastien D’Astous. 

Le Ministère sur le terrain

Sur la route, les ouvriers du ministère des Transports du Québec (MTQ) sont pourtant au travail pour rapiécer les zones les plus endommagées. Mais les trous sont nombreux et le MTQ est débordé et en manque de main-d’œuvre. 

« On ne peut pas tous les faire en même temps », justifie Luc Adam, porte-parole pour l’Abitibi-Témiscamingue. 

« Pour libérer le plus possible nos gens pour faire le rapiéçage, on a donné 10 ponceaux à contrat cette année », indique-t-il. 

Pour le manque d’employés, le maire D’Astous propose depuis longtemps de l’aide au MTQ. 

« La municipalité ou la MRC aussi a des équipes de travail ! On est en mesure de faire des appels d’offres ! » insiste l’élu.


♦ Des travaux majeurs ont déjà été entrepris depuis 2018 sur la route 111. L’an prochain, l’asphaltage et la réfection de deux sections de la route 109 sont prévus.