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Jesus Price marche sur les eaux... glacées

Jesus Price marche sur les eaux... glacées
Photo AFP

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J’en ai vu des victoires surprenantes du Canadien. Toutes ces victoires avaient un dénominateur commun. Le gardien de but. Jacques Plante, Rogatien Vachon, Ken Dryden, Patrick Roy, José Théodore, Jaroslav Halak. 

Carey Price a gagné sa place au sein des grands. 

Certains vont me dire qu’il ne faut pas s’énerver. Qu’après tout, le Canadien vient tout juste de se qualifier pour les vraies séries éliminatoires.

On s’en fout. C’est l’adversité surmontée. Ce sont les circonstances qui ont créé l’exploit.

Ce semblant d’équipe qui se faisait torcher au mois de mars quand la COVID a envahi le Québec et l’Amérique s’est regroupé autour de sa vraie vedette à 10 millions. De son pilier. De celui que l’ensemble des joueurs de la Ligue nationale de hockey reconnaît comme le meilleur gardien au monde. 

Et Jésus Price s’est levé et a marché sur les eaux... glacées de Toronto.

COMME THÉO

J’écrivais cette semaine que Price devait jouer comme José Théodore l’avait fait dans ses grandes années avec le Canadien. En 2004, Théo avait gagné, à Boston, le septième match contre les Bruins par un blanchissage de 2-0. Price a blanchi Crosby, Malkin et Letang... 2-0. 

Et le fichu premier but a tardé, tardé... et tardé. Fallait tenir le fort, fallait être plus fort mentalement que les meilleurs des Penguins.

Price l’a fait. Les gens vont s’en souvenir.

C’est une victoire importante pour le CH. Une victoire très importante pour Marc Bergevin. Il est libéré d’un immense poids. Cet homme avait liquidé quatre vétérans au printemps parce qu’il savait que son équipe ne participerait pas aux séries. Plusieurs demandaient sa tête.

Le voilà dans les éliminatoires. Comme le disait un fin observateur hier à Falardeau : « Sont bons pour deux ou trois ans à avoir la paix ! »

CLAUDE JULIEN MÉRITE LE RESPECT

On peut toujours critiquer un coach. Je l’ai fait à plusieurs reprises. Il est payé pour coacher, je suis payé pour le regarder coacher.

Un coach peut perdre une série. Parfois, il peut contribuer directement à faire gagner une équipe. Jacques Demers, en demandant qu’on mesure le bâton de Marty McSorley, le 3 juin 1993, au Forum de Montréal, a peut-être contribué à sauver le Canadien d’une deuxième défaite de suite contre les Kings. Ils ont gagné la dernière Coupe Stanley de l’histoire des Glorieux.

Dans le troisième match, quand Julien, très alerte, a refusé que les Penguins retirent leur gardien pour une ultime attaque à six contre quatre puisqu’ils étaient le club visiteur, il a sauvé 20 secondes et contribué directement à la victoire de ses joueurs.

J’avais choisi le CH en trois, je me suis trompé. Ce fut en quatre. Mes autres prédictions demeurent possibles. Conquête de la Coupe Stanley, Smythe à Price et parade jusqu’à Greenfield Park.

Tant qu’à délirer.