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«Le Liban n'est pas seul»: l'aide internationale augmente, mais sous conditions

«Le Liban n'est pas seul»: l'aide internationale augmente, mais sous conditions
AFP

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Cinq jours après la terrible explosion qui a ravagé Beyrouth, la communauté internationale a affirmé, dimanche, qu’elle n’allait «pas laisser tomber» le Liban, mais exigé que son aide soit distribuée «directement» à la population et qu’une enquête «transparente» soit menée sur les causes de la catastrophe.

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«Dans cette période horrible, le Liban n’est pas seul», ont assuré la trentaine de chefs d’État, de gouvernements et de ministres ayant participé à une visioconférence coorganisée par l’ONU et la France pour aider le Liban. 

Il faut «agir vite», a exhorté le président français, Emmanuel Macron, avant de laisser la parole à son homologue américain Donald Trump, à l’émir du Qatar cheikh Tamim ben Hamad Al-Thani, aux premiers ministres italien et espagnol et aux responsables de grandes organisations internationales (FMI, Banque mondiale, Croix-Rouge...).

«Le Liban n'est pas seul»: l'aide internationale augmente, mais sous conditions
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La plupart des pays ont annoncé une augmentation de leur aide d’urgence pour porter secours aux victimes de l’énorme déflagration de mardi à Beyrouth, qui a fait au moins 158 morts, 6000 blessés, des dizaines de disparus et des centaines de milliers de sans-abri. Le montant global d'aide serait de 250 millions d'euros (environ 400 M$ CA).

L’Union européenne (UE) s’est engagée à hauteur de 60 millions d’euros afin de répondre aux «besoins les plus pressants». Les pays du Golfe ont également ouvert leur portefeuille, à l’image du Qatar, qui a promis 50 M$.

Très mobilisée, la France a mis en place un pont aérien et maritime qui va permettre d’envoyer plus de 18 tonnes d’aide médicale et près de 700 tonnes d’aide alimentaire. Deux avions-cargos militaires ont de nouveau décollé, dimanche, et le navire-porte-hélicoptères Tonnerre, équipé d’un hôpital et avec à son bord 200 tonnes de farine et de produits laitiers et infantiles, devait appareiller dans la soirée.

«Violence et chaos»

«Les participants ont convenu que leur assistance devrait (...) être bien coordonnée, sous l’égide des Nations unies, et fournie directement à la population libanaise, avec le maximum d’efficacité et de transparence», indique la déclaration publiée à l’issue de la réunion.

Ils expriment ainsi leur défiance vis-à-vis d’une classe politique libanaise honnie par la population, qui dénonce sa corruption et son incurie alors que le pays est déjà dans une situation économique critique. 

De nouvelles manifestations se sont déroulées dimanche au Liban, au lendemain d’une journée de mobilisation marquée par l’assaut de manifestants en colère contre des ministères.

«Le Liban n'est pas seul»: l'aide internationale augmente, mais sous conditions
MARIO BEAUREGARD/AGENCE QMI

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En ouvrant la conférence, Emmanuel Macron a mis en garde contre la «violence et le chaos», tout en exhortant les autorités libanaises à «agir pour que le pays ne sombre pas et pour répondre aux aspirations que le peuple libanais exprime en ce moment même légitimement». Donald Trump a également appelé au calme, en reconnaissant la «légitimité des appels des manifestants pacifiques à la transparence».

M. Macron a pointé des «puissances» qui ont «un intérêt à cette division et au chaos», dans une référence apparente à l’Iran, et insisté sur la nécessité «d’unité» de la communauté internationale. Il a ainsi indiqué s’attendre à ce que la Turquie et la Russie apportent leur soutien, de même qu’Israël, qui «a manifesté son souhait d’apporter une aide». 

Après la catastrophe, l’aide d’urgence internationale se fixe sur quatre priorités: la santé, l’alimentation du pays – qui passait en grande partie par le port de Beyrouth —, la réhabilitation des écoles touchées et celle des logements ravagés.

«Enquête crédible»

Viendra ensuite le temps de la reconstruction des infrastructures qui sera conditionnée, tout comme l’aide internationale de 11,6 G$ promise en 2018 – et non versée à ce jour —, à la mise en œuvre de profondes réformes, pour l’instant restées lettre morte, malgré les engagements récurrents des autorités libanaises. 

«Ces réformes permettront de débloquer des milliards de dollars pour le peuple libanais. Il est temps, pour les dirigeants libanais, d’agir avec détermination», a déclaré la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), Kristalina Georgieva.

Comme la plupart de ses homologues, Donald Trump a exhorté le gouvernement libanais à mener une enquête «complète et transparente» sur les causes de l’explosion à Beyrouth.

Pour cela, les pays ayant participé à la réunion ont proposé une «offre d’assistance» pour «une enquête impartiale, crédible et indépendante», selon la déclaration. Une cinquantaine de policiers et de gendarmes français ont été dépêchés sur les lieux et «coopèrent parfaitement avec les services libanais compétents», selon Paris. 

Le président libanais, Michel Aoun, avait exclu,vendredi, toute enquête internationale et affirmé que l’explosion pourrait avoir été causée par la négligence ou par un missile. La France, en revanche, a estimé qu’il y avait «suffisamment d’éléments objectifs pour penser que l’explosion est accidentelle».