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La Caisse de dépôt risque d’obtenir moins pour Bombardier Transport

Alstom est déconcertée par l’ampleur des difficultés du constructeur ferroviaire

FRANCE-ECONOMY-TRANSPORT
Photo d'archives, AFP Des travailleurs des installations de Bombardier Transport de Crespin, près de Valenciennes, la plus grosse usine ferroviaire de France avec quelque 2000 employés.

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Bombardier et la Caisse de dépôt risquent de toucher moins d’argent que prévu pour la vente de la division ferroviaire de la multinationale québécoise à Alstom.

Alstom s’est montrée surprise lundi des mauvais résultats financiers de Bombardier Transport, publiés jeudi dernier.

Le géant français y voit « des évolutions négatives et non prévues » par rapport aux renseignements communiqués par Bombardier avant l’annonce de la transaction, le 17 février.

Tout en maintenant « sa forte conviction dans le rationnel stratégique de l’acquisition de Bombardier Transport », l’entreprise prévient qu’elle « tiendra compte des conséquences de ces évolutions financières et opérationnelles lors des discussions à venir avec Bombardier ».

En vertu de l’entente signée en février, Alstom doit débourser environ 9 milliards $ pour Bombardier Transport. La Caisse doit toucher environ 3 milliards $ pour ses intérêts de 32,5 % dans l’entreprise. Cette participation lui avait coûté 2 milliards $ en 2016.

Charge de 435 M$

Au deuxième trimestre, Bombardier Transport a subi une perte d’exploitation de 377 millions $ US en raison d’une charge de 435 millions $ US liée principalement à des projets au Royaume-Uni et en Allemagne.

La semaine dernière, le PDG de Bombardier, Éric Martel, a qualifié la situation de « totalement inacceptable ».

Selon lui, Bombardier Transport doit constamment modifier des trains fraîchement construits en raison « d’identification tardive de problèmes, de notre manque d’imputabilité claire ou parce que nous avons coupé les ressources d’ingénierie trop profondément à certains endroits ».

Éliminer le travail en double

Désormais, « notre but est clair : éliminer le travail en double et construire les trains correctement du premier coup », a-t-il asséné.

Interrogé la semaine dernière sur la possibilité que la valeur de Bombardier Transport soit révisée à la baisse, M. Martel a indiqué que des « mécanismes » sont prévus dans l’entente conclue avec Alstom.

Il a néanmoins soutenu qu’Alstom a été mise au courant des problèmes avant l’annonce de la transaction et que Bombardier assumait directement « plus de 95 % » des dépassements de coûts.

« Pour nous, la valeur [de Bombardier Transport] demeure quand même la même », a affirmé le dirigeant.

Les difficultés de Bombardier ne l’empêchent pas de décrocher des commandes. Lundi, Hitachi Rail et Bombardier ont annoncé un contrat de 943 millions $ US (plus de 1,2 G$ CA) pour 23 trains à très grande vitesse en Italie, dont une part de 377 millions $ US (450 M$ CA) doit revenir à l’entreprise québécoise. 

LES DIFFICULTÉS DE BOMBARDIER TRANSPORT EN QUELQUES DATES 

Octobre 2015

Les retards s’accumulent pour les nouveaux tramways de Toronto

Novembre 2018

Des retards de livraison creusent un trou de 600 millions $ US dans les liquidités de l’entreprise

Février 2019

Le grand patron Laurent Troger est limogé

Avril 2019

Annonce de nouveaux retards dans certains projets

Février 2020

Comptabilisation de coûts imprévus de 500 millions $ US

Août 2020

Dévoilement de dépassements de coûts de 435 M$ US


La vente de Bombardier Transport à Alstom doit être conclue l’an prochain.