/news/transports
Navigation

COVID-19: les travailleurs désertent les transports en commun

autobus stm montreal artm
Photo Agence QMI, Joel Lemay

Coup d'oeil sur cet article

Les sociétés de transport en commun auront fort à faire pour reconquérir le cœur des travailleurs qui ont abandonné les autobus, les métros et les autres trains de banlieue depuis le début de la pandémie.

C'est à tout le moins ce qui ressort d'une étude de Statistique Canada publiée lundi, selon laquelle, avant la pandémie, environ 13% des Canadiens misaient sur les transports collectifs pour se rendre sur leur lieu de travail, un taux qui a fondu à seulement 3% en juin. C'est donc dire qu'il y a quatre fois moins de travailleurs dans les autobus et les métros des villes canadiennes.

L’étude démontre en outre qu'environ le tiers des travailleurs qui utilisaient les transports en commun pour se rendre au travail avant la pandémie optaient en juin pour un autre mode de transport, généralement la voiture.

Les travailleurs canadiens qui ont déserté les transports en commun craignent de remonter dans les autobus.

«Près des trois quarts (74%) des anciens usagers du transport en commun qui se sentaient en sécurité pour retourner à leur lieu de travail physique ont indiqué qu'ils étaient "très" ou "énormément" préoccupés d'utiliser le transport en commun», a souligné Statistique Canada.

Ces données ne surprennent guère exo, qui gère les trains de banlieue et les lignes d'autobus du grand Montréal, hors Montréal, Laval et Longueuil. L'organisation a évidemment remarqué une nette baisse d'achalandage dans les derniers mois et reconnaît que les routes dégagées et la période estivale peuvent en inciter plusieurs à opter pour la voiture ou les transports actifs.

Exo observe cependant une reprise de l'achalandage dans ses trains et ses autobus. «Sans faire de prédiction, on peut penser que c’est une tendance qui continuera à mesure que la congestion routière reprendra et que les températures seront moins clémentes», a fait valoir la porte-parole Catherine Maurice.

Le gestionnaire a aussi rappelé qu'il met tout en œuvre pour désinfecter quotidiennement ses véhicules. «Une campagne de sensibilisation a lieu en continu auprès de la clientèle sur l’importance d’adopter les bons gestes d’hygiène et de protection. Il est important que les utilisateurs aient confiance dans les actions que nous posons», a souligné Mme Maurice.

Plus besoin du bus

La popularité inégalée du télétravail a aussi participé à vider les autobus, confirment les données de l'étude. «La proportion de Canadiens qui travaillent à partir de la maison depuis le début de la pandémie a plus que quintuplé (passant de 4% à 22%)», peut-on y lire.

Il est cependant à noter que la proportion de travailleurs se rendant au travail en voiture a aussi baissé, passant de 75% avant la pandémie à 67% en juin. Encore là, la popularité quintuplée du télétravail peut expliquer la baisse des véhicules personnels. Pour leur part, les marcheurs et les cyclistes sont demeurés relativement aussi nombreux durant la période étudiée.