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Montréal, ville impossible

STOCKQMI-CONSTRUCTION
Photo Agence QMI, Sébastien St-Jean Les chantiers se multiplient sans aucun contrôle...

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Saviez-vous qu’un romancier français renommé, Benoît Duteurtre, a récemment publié un pamphlet vitriolique sur la mairesse Valérie Plante ?

Congestion et bruit

En fait, le livre de Duteurtre, Les dents de la maire, attaque Anne Hidalgo, la maire de Paris (en France, on dit « la maire », car « la mairesse » est la femme du maire). 

Mais madame Hidalgo a tellement de points en commun avec la mairesse de Montréal qu’on dirait que Duteurtre parle de Valérie Plante.  

Regardez cet extrait, sur les congestions dans les rues de Paris...

« On sent une volonté perverse de dégoûter l’automobiliste en empoisonnant sa vie quotidienne.

Les voitures avancent comme elles peuvent, l’air empeste les émanations d’hydrocarbure, la semaine comme le week-end. 

Objectif de la mairie, la réduction du nombre de véhicules se voit annulée par la lenteur de la circulation qui augmente la diffusion de substances nocives. 

Les véhicules de secours et fourgonnettes de police, coincés comme les autres dans les embouteillages, usent vainement de leurs sirènes pour se frayer un passage... »

C’est pas Montréal, ça ?

Et attendez, il parle aussi des travaux incessants qui causent de véritables maux de tête.

« L’administration municipale laisse se multiplier les chantiers qui se prolongent pendant des mois sans aucun contrôle.

À longueur d’année, les travailleurs de la voirie refaçonnent les chaussées, creusent des trous, les rebouchent et les creusent à nouveau pour toutes sortes de raisons (gaz, électricité, câblage).

Les chantiers bruyants ne s’interrompent jamais, laissant se multiplier les nids-de-poule dans les rues jonchées d’ordures... »

Remplacez « Paris » par « Montréal », et vous avez un portrait fidèle de la métropole québécoise. 

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La maîtresse d'école

On sait que la mairesse Valérie Plante a récemment demandé à des musiciens de rue « d’animer » les rues de Montréal afin d’attirer de nouveau les clients qui ont fui les rues encombrées de la métropole. 

Anne Hidalgo a fait la même chose à Paris. Voici ce qu’écrit Duteurtre sur cette stratégie.

« Les autorités adorent offrir cette activité festive qui leur tient lieu de politique “citoyenne”. 

Je redoute plus que tout les festivités qui se succèdent avec leurs enceintes monstrueuses censées témoigner du bonheur collectif, mais qui imposent au quartier le harcèlement des basses et des batteries. »

Benoît Duteurtre dénonce aussi le côté « boy-scout » de la maire de Paris. Là aussi, ses critiques semblent s’adresser directement à Valérie Plante.

« Madame Hidalgo a un côté maîtresse d’école, ou monitrice de colonies de vacances. Elle ne se contente pas d’administrer sa ville en la rendant pratique et agréable à ses habitants.

Non, elle entend conduire une action morale plus vaste et enrôler derrière elle la population.

Elle n’est pas là pour entretenir Paris, mais pour sauver la planète, pour dénoncer les prisonniers d’opinion ou les féminicides, et intervenir à tout propos sur son compte Twitter. 

Elle est persuadée d’incarner la justice et les valeurs morales, quand ses adversaires ne seraient guidés que par l’égoïsme et l’intérêt. »

Du fanatisme

« Il y a quelque chose de fanatique dans cette volonté de refaire toute la ville au service des seuls cyclistes qui ne représentent qu’une minorité », de dire Duteurtre. 

Effectivement.

Anne Hidalgo vient d’être réélue à la mairie de Paris. 

Un avant-goût de ce qui nous attend à Montréal ?