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Le milieu des affaires souhaite un retour forcé des débardeurs

Le syndicat qualifie de « burlesque » l’appel à l’aide du milieu des affaires.

débardeurs
Photo Chantal Poirier Les débardeurs du port de Montréal ont entamé hier leur premier jour de grève générale en manifestant sur la rue Notre-Dame.

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Le gouvernement Trudeau doit agir rapidement pour forcer le retour au travail des débardeurs du port de Montréal, en grève générale illimitée depuis lundi matin, estime des représentants du Québec inc. 

• À lire aussi: Début de la grève générale illimitée au port de Montréal

C’est le message que les cinq principaux représentants du milieu des affaires de la province ont tenté de passer lundi au cours d’une rare conférence de presse conjointe, à Montréal.

Michel Leblanc.
PDG
CCMM
Photo courtoisie
Michel Leblanc. PDG CCMM

« Les effets d’une grève prolongée sur l’économie de Montréal et du Québec seront dévastateurs. [...] Il faut agir maintenant, imposer l’arbitrage et exiger le retour au travail », a déclaré Michel Leblanc, président et chef de la direction de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM).

Après deux semaines de perturbations au port, le Québec inc. estime que la grève prend l’économie de la province en otage au moment où tous les efforts devraient au contraire se concentrer sur sa relance. Après la grève du CN, le blocus ferroviaire et le confinement, le moment ne saurait être plus mal choisi pour les PME, a fait valoir la PDG de Manufacturiers et exportateurs du Québec (MEQ), Véronique Proulx.  

Trudeau en renfort ?

Ensemble, le Conseil du patronat du Québec, la CCMM, le MEQ, la Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ) et la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante ont réclamé en bloc l’intervention immédiate du gouvernement de Justin Trudeau afin de forcer un retour aux activités normales dans les plus brefs délais.

« Si le fédéral a à cœur l’économie du Québec, de l’Ontario et du Canada, il devrait agir immédiatement avec un processus d’arbitrage des différends », a soutenu Philippe Noël, directeur stratégie et affaires économiques de la FCCQ. 

À défaut de quoi, craint-on, cette grève aura des « conséquences désastreuses pour des milliers d’entreprises au Québec ».

Le Journal a tenté sans succès d’obtenir la réaction de la ministre fédérale du Travail, Filomena Tassi, et de son collègue aux Transports, Marc Garneau, qui avait répondu à l’appel des employeurs maritimes.

Du burlesque patronal

Pour sa part, le représentant du Syndicat des débardeurs, sans convention collective depuis décembre 2018, a qualifié de « burlesque », cette dernière sortie des organismes patronaux.

« Cette incapacité du Québec inc.-caviar à reconnaître aux travailleurs le droit d’exercer leur droit de grève légal a quelque chose de sidérant, a réagi leur représentant, Michel Murray. C’est le genre d’obsession qui appelle à l’admiration. »

« Vraiment, poursuit-il, je ne sais pas sur quelle planète ces gens-là vivent. Ce sont les mêmes qui, tout en niant les droits des travailleurs, ne sont pas foutus de réclamer le salaire minimum à 15 $ pour les Québécois. »