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Les soaps américains en distanciation sociale

Les premières séries tournées en pandémie reviennent en ondes... et c’est plus ou moins réussi

The Bold and The Beautiful
Captures d’écran CTV La distanciation de deux mètres entre chaque personnage passe rarement inaperçue dans The Bold and the Beautiful.

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Si toutes les séries de fiction tournées en période de pandémie ressemblent aux téléromans américains qui reprennent tranquillement l’antenne depuis quelques jours, l’automne s’annonce pénible.

Pour éviter toute forme de proximité entre deux acteurs, plusieurs scènes se déroulent dorénavant au téléphone.
Captures d’écran CTV
Pour éviter toute forme de proximité entre deux acteurs, plusieurs scènes se déroulent dorénavant au téléphone.

Les baisers sont filmés en plan extrêmement rapproché pour éviter qu’on remarque l’utilisation de doublures.
Captures d’écran CTV
Les baisers sont filmés en plan extrêmement rapproché pour éviter qu’on remarque l’utilisation de doublures.

Quand on regarde comment nos voisins du sud gèrent les mesures de distanciation à l’écran, dans des univers fictifs exempts de COVID-19, on craint le pire pour District 31, Faits divers, 5e rang et toutes les autres productions québécoises ayant reparti la machine récemment. 

Revenu en ondes lundi à CBS après une pause forcée de plusieurs mois, The Young and The Restless (en français, Les feux de l’amour) n’a pas réussi à nous faire oublier le coronavirus. Au contraire. Son premier épisode comptait tellement de retours en arrière qu’il était virtuellement impossible de penser à autre chose.

Le décalage entre ces séquences tournées avant l’arrivée du coronavirus et celles tournées depuis l’implantation des normes sanitaires était immense. D’une part, on voyait des gens se toucher, s’étreindre et s’embrasser, et d’autre part, on voyait deux femmes discuter de manière hyper statique au milieu d’un parc, tellement éloignées l’une de l’autre qu’on peine à concevoir comment elles faisaient pour s’entendre.

Mises en scène absurdes

Le constat est tout aussi triste pour The Bold and the Beautiful (en français, Amour, gloire et beauté). Les épisodes post-pandémie du populaire roman-savon regorgent de mises en scène complètement absurdes.

Lundi, on s’est fait servir une longue conversation à cœur ouvert entre une femme et son mari... à partir d’une extrémité à l’autre du salon. Et quand leurs deux amis sont arrivés, la séquence a pris une tournure loufoque. Puisque chaque plan de caméra montrait un seul comédien, on avait l’impression qu’ils parlaient aux murs ou qu’ils avaient enregistré leurs répliques dans des studios différents.

Étranges baisers

Les scènes de baisers au temps du coronavirus sont également distrayantes. Elles sont filmées en gros plan extrême sans qu’on puisse voir les visages des deux acteurs en même temps, histoire de cacher l’utilisation d’une doublure.

En juin, les producteurs de The Young and the Restless avaient partagé leur intention de recourir aux services des véritables conjoint(e)s des comédien(ne)s pour continuer d’offrir aux amateurs leur dose quotidienne d’échanges de salive. Tout indique qu’ils ont mis leur plan à exécution.

Le plus grand problème survient une fois le baiser consommé : les protagonistes s’éloignent sans raison apparente (pour respecter les deux mètres de distance) et poursuivent la conversation.

Dur, dur d’être crédible

Les séquences de séduction laissent aussi à désirer. The Young and the Restless en comptait tout une, lundi. La production avait pourtant sorti l’artillerie lourde pour installer une ambiance érotico-romantique : répliques mielleuses, regards langoureux, musique suave... Mais rien n’y faisait : les acteurs étant assis sur des divans séparés, la magie n’opérait pas.

Autre scène peu crédible : celle d’une fête surprise observée la semaine dernière. La fêtée rentre chez elle, les trois pauvres invités, répartis aux quatre coins de l’appartement, crient « surprise ! » et... rien. Ils restent tous scotchés au plancher. Personne n’approche la principale intéressée, qui sourit bêtement dans l’entrée.

Devant cette cascade d’exemples risibles, ne reste plus qu’à espérer qu’au Québec, nos réalisateurs, nos auteurs et nos producteurs aient trouvé de meilleures façons de livrer la marchandise en respectant les règles sanitaires en vigueur.

Mais puisqu’en télé, la Belle Province a l’habitude de faire de petits miracles avec peu, voire rien, on demeure confiants.