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Suède: réussite ou échec?

Stockholm, Suède
Alexi Tauzin - stock.adobe.com

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Rien de mieux pour alimenter le scepticisme de la population face à la pandémie que de passer son temps à lancer des messages contradictoires...

Après un certain temps, les gens décrochent, ne croient plus ce que les autorités leur disent et n’en font plus qu’à leur tête.

BANDE À PART

Prenez tout ce qui s’est écrit sur la façon dont le gouvernement suédois a géré la crise.

Le pays d’IKEA, on le sait, a adopté une stratégie différente du reste du monde.

Au lieu de « fermer son économie à double tour », la Suède a décidé de laisser ses écoles, ses usines, ses commerces, ses bars et ses restaurants ouverts. 

L’idée étant que la meilleure façon de lutter contre la pandémie était de créer une immunité collective. 

Oui, beaucoup de gens vont attraper le virus, mais la plupart vont survivre et après un certain temps, il y aura tellement de gens immunisés dans le pays que sa transmission ralentira. 

Le gouvernement suédois craignait aussi que les impacts psychologiques d’un confinement « pur et dur » soient plus importants et plus dommageables que les impacts du virus sur la santé et la sécurité des Suédois...

Bref, la Suède a décidé de faire bande à part.

Advienne que pourra. 

TOUT ET SON CONTRAIRE

Comme on pouvait s’y attendre, le monde entier s’est tourné vers ce petit pays d’Europe que les tenants de la social-démocratie nous présentent toujours comme le modèle à suivre. (L’éducation ? La Suède ! La santé ? La Suède ! La lutte à la pauvreté ? La Suède ! Les petites boulettes de viande ? La Suède !). 

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Qui a raison ? La Suède ou le reste du monde ?

La stratégie des Suédois est-elle plus solide que leurs meubles ?

Eh bien, la réponse est... je ne le sais pas.

Je ne pourrais vous le dire. 

Je pense être un homme informé. Je lis des journaux et des magazines de toutes provenances.

Des revues de droite, des quotidiens de gauche...

Eh bien, malgré ça, je ne peux répondre à cette question.

Car en ce qui concerne la Suède, on dit tout et son contraire.

« C’est un échec ! » « C’est une réussite ! »

« Le pire bilan d’Europe ! » « Le meilleur ! »

En ce qui a trait à l’expérience suédoise, les médias et les scientifiques souffrent du syndrome de Tourette.

COMME JEAN GABIN

Texte paru dans Libération, le 15 juin 2020 : « Avec 500 morts par million d’habitants, la Suède fait partie des pays les plus touchés par la pandémie dans le monde, derrière la Belgique, le Royaume-Uni, l’Italie et l’Espagne, et juste avant la France ».

Donc, c’est un formidable échec. 

Texte paru dans La Presse, le 20 juillet : « La Suède est tombée dans un trou moins profond et le pays devrait mettre moins de temps à s’en sortir. Les dommages permanents infligés à l’économie, comme les faillites et les fermetures d’entreprises, devraient aussi être moins graves qu’ailleurs.

De plus, il y a eu moins de morts en Suède qu’ailleurs en Europe où, malgré de sévères mesures de confinement, nombre de pays rapportent un taux de mortalité plus élevé par tranche de 100 000 habitants ».

Donc, c’est une éclatante réussite !

Alors... ?

Alors, je suis comme Jean Gabin.

Je ne sais pas... mais ça, je le sais !