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Un féminisme de lynchage

Marc-Antoine Cloutier
Photo Martin Alarie À bas le féminisme vengeur.

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Derrière « l’amie » anonyme qui a accusé l’ex-président de Juripop, Marc-Antoine Cloutier, d’inconduite sexuelle, ce sont des féministes radicales qui remportent une victoire. À leurs yeux, il était impensable que l’organisation qui défendait des femmes, victimes d’agression sexuelle et conjugale, soit dirigée par un homme. Elles ont eu sa peau.

Marc-Antoine Cloutier a démissionné de son poste. Mais ce n’était pas suffisant. L’ex-amie anonyme s’agite désormais auprès des ex de l’avocat et des membres des cabinets ministériels pour que, disons-le ironiquement, ce prédateur allégué et ennemi des femmes soit dénoncé.

Or, l’ex-président fondateur sert de bouc émissaire à la guerre larvée que mènent des militantes d’un féminisme qui renvoie de tous les hommes une image caricaturale.

Le jeune avocat, âgé de 31 ans, est comme beaucoup d’hommes québécois de sa génération un naïf qui, jusqu’à ce que le ciel lui tombe sur la tête, attribuait toutes les vertus aux femmes. 

C’est un féministe qui après une longue autocritique croyait échapper aux stéréotypes machos. On n’a pas de difficulté à le croire lorsqu’il affirme qu’il a toujours respecté le non-consentement de femmes qui refusaient de faire l’amour avec lui.

Censure

Les Québécois ont intérêt malgré la pandémie qui affecte tout le monde à prendre conscience que la censure est en train d’imposer ses règles dans tous les aspects de nos vies.

L’avocat Cloutier devient le symbole mâle devant payer pour les « supposés » salauds de machos, exploiteurs de femmes. À cause de la parole d’une femme, anonyme, tout le monde devrait lapider l’ex-dirigeant de Juripop. 

D’ailleurs, le fait qu’elle ait téléphoné à des proches de Me Cloutier nous amène à conclure que tel était pour elle l’objectif premier de ses accusations.

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Doit-on continuer de laisser des personnes aux intentions vraisemblablement douteuses lancer de façon anonyme des accusations graves qui entacheront à vie parfois la réputation des gens ?

Le contrôle idéologique d’un féminisme ultra-radical sur la société tout entière s’inspire des pratiques du fascisme et du stalinisme du siècle dernier, où les dénonciations anonymes de voisins expédiaient de pauvres victimes en prison ou en Sibérie.

Si cette réalité historique ne peut se comparer, bien sûr, à notre société, l’esprit qui préside aux dénonciations actuelles est le même.

Amalgame

Peut-on tolérer que les porte-étendard de ce féminisme déconnecté de la réalité confondent d’un même souffle comme agression sexuelle des baisers volés, des propos grossiers, des gestes déplacés et un viol ?

Répétons-le, la parole d’une femme anonyme qui refuse de participer à une enquête, comme dans le cas de Juripop, n’est pas plus sacrée que celle de l’homme qui, dans ce cas de figure, est une victime expiatoire qui paie pour tous les crimes réels ou supposés des hommes à l’endroit des femmes.

Quelle injustice et quel mépris pour ce jeune avocat progressiste et pour les très nombreux Québécois qui mènent à côté des femmes le vrai combat pour l’égalité entre les sexes et contre la violence faite aux femmes ! 

Aucune cause ne peut user du lynchage pour parvenir à ses fins.