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Et si les soins psychologiques devenaient gratuits?

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Nous vivons présentement trois crises en une : la première est sanitaire, la seconde est économique et la troisième est humaine.

Sur les deux premières, l’État a agi, brusquement et fortement. Tout à son honneur.

Sur la troisième, la crise humaine, l’État est immobile et abdique. Cela démontre en fait sa vision étroite en santé mentale.

Une vision qui ne rattache le bien-être de l’âme qu’à des raisons individuelles, et non collectives.

Changements

À chaque bouleversement, la santé mentale d’une population se fragilise rapidement et pour longtemps.

C’est automatique : le changement est anxiogène.

Tous les indicateurs augmentent : la consommation d’antidépresseurs, la demande en soins psychologiques, les problèmes de toxicomanie, le nombre de suicides...

Ce sera le cas avec la pandémie actuelle, exposant mille.

Ce fait ne nous inquiète pas plus qu’il ne nous surprend. On le sait que tout le monde craque, seul et en même temps.

Et l’État accepte ce triste constat d’époque.

Drôle de paradoxe, n’est-ce pas ? Alors que l’État est prêt à injecter des milliards pour soutenir l’économie et les vies physiques, tout investissement structurant et massif pour la santé psychologique nous apparaît toujours impensable, toujours trop dispendieux !

Ceci n’est qu’une vue de l’esprit, une vue idéologique...

Le bien-être mental d’une collectivité peut être amélioré quand on y investit de l’argent et de l’audace.

Héritage

En 1970, nous avons fait le choix de socialiser notre système de santé. L’assurance-maladie est devenue une partie importante de notre identité.

Être soigné devenait un droit, et non un luxe.

Les soins psychologiques, eux, sont restés la Ferrari de notre système, que seuls les plus fortunés peuvent se payer.

Et si l’héritage retenu dans le monde d’après était le choix de la gratuité des soins psychologiques au Québec ?

Que tous payaient désormais pour chacun.

Ne serait-ce pas une manière formidable de symboliser la solidarité québécoise qui nous a collectivement caractérisés depuis le début de la crise ?