/opinion/columnists
Navigation

Le calme avant la tempête

Conférence de presse pour l'actualisation du plan de la rentrée scolaire automnale
Photo Ben Pelosse La rentrée scolaire sifflera sous peu la fin de la récréation de notre relâchement estival.

Coup d'oeil sur cet article

Sur la planète, à l’approche d’une deuxième vague de la COVID-19, l’automne s’annonce inquiétant. D’autant plus au Québec, l’épicentre du virus au pays. La rentrée scolaire sifflera la fin de la récréation de notre relâchement estival.

D’où le plan « actualisé » du ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge. Entre autres mesures nécessaires, les élèves de 10 ans et plus devront porter le masque.

Malgré qu’ils soient des vecteurs potentiels de contagion comme les adultes, ils en seront néanmoins dispensés en classe. Une moins bonne nouvelle. Le risque étant de provoquer des éclosions et d’étendre la propagation du virus dans les familles ou chez les enseignants.

Auquel cas les CIUSSS, dont les manquements dans le dépistage et le traçage ont été nombreux, auront-ils enfin ce qu’il faut pour agir rapidement ?

Rattrapage

Le ministre Roberge promet un plan de « rattrapage ». Or, notre réseau d’écoles est déjà le plus inégalitaire au Canada. Peut-on croire que dans des milieux moins favorisés, des ressources suffisantes pour rattraper les mois perdus d’apprentissage seront tout à coup au rendez-vous dès cet automne ?

Des parents s’inquiètent aussi d’une propagation possible du virus par aérosols suspendus dans l’air. À Montréal, dans des écoles vétustes où la circulation d’air est quasi inexistante – c’est encore pire en hiver –, le risque de contagion n’y sera-t-il pas plus grand que dans les écoles mieux équipées ?

Souvent de santé fragile, que dire aussi des élèves handicapés, déficients intellectuels ou autistes ? Enfants ou adultes, à l’école ou en centres de jour, ils seront peu nombreux à pouvoir vraiment garder leur « distance », laver leurs mains souvent et porter le masque correctement.

Élèves et adultes handicapés

Pour ces raisons, y aura-t-il des mesures ciblées pour les protéger le mieux possible de la contagion, de même que leurs familles et enseignants ? Sans quoi, par précaution, combien de familles, malgré leur épuisement, n’auront d’autre choix que de continuer à garder à la maison leur enfant, frère ou sœur adulte handicapé ?

Pour les raisons que l’on connaît, la crise sanitaire a frappé très durement au Québec dans les CHSLD et résidences privées pour aînés. Entre autres leçons retenues, l’arrivée prochaine de 10 000 nouveaux préposés aux bénéficiaires devrait contribuer à ne pas répéter la même hécatombe.

En deuxième vague, le danger risque de se poindre plutôt dans la communauté. La population sera donc appelée à respecter les consignes encore plus scrupuleusement, dont l’imposition du masque dans les lieux publics clos.

D’un air plus confiant, le premier ministre François Legault jurait hier que son gouvernement serait prêt pour la rentrée, incluant dans les écoles. Souhaitons-le très fort. Le Québec compte en effet près d’un million d’élèves.

Même en y soustrayant les moins de 10 ans, cela ferait beaucoup de monde avec la capacité potentielle de transmettre la COVID-19 autant que les adultes. D’où le devoir de protection. Y compris auprès des plus vulnérables.

Entre autres, cela devrait comprendre des plans d’intervention spécifiques pour les élèves handicapés et les écoles moins favorisées. Imposer le port du masque en classe, aussi inconfortable soit-il, ne serait-il pas une autre mesure tout aussi sage ?