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Les proprios de cabanes à sucre et de salles de réception désespérés

Poussés au bord du gouffre par la crise sanitaire, ils lancent un appel à l’aide

Cabanes à sucre
Photo courtoisie, Mélanie Léger Daniel Laurin et sa fille, Stéphanie Laurin, respectivement copropriétaire et directrice générale du Chalet des érables, un établissement de Sainte-Anne-des-Plaines.

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Épuisés, à court de ressources et craignant chaque jour de devoir fermer définitivement leurs portes, les propriétaires de cabanes à sucre et salles de réception du Québec réclament l’aide urgente des gouvernements.

« Ou bien on nous entend et on accepte de nous aider. Ou bien une majorité d’entreprises de notre secteur n’arriveront pas malheureusement à terminer l’année », se désole Stéphanie Laurin, directrice générale du Chalet des Érables, l’une des plus importantes cabanes à sucre de la province. 

  • ÉCOUTEZ l'entrevue de Christine Tardif, copropriétaire de l’Érablière du Cap, située à Lévis, à QUB radio :   

Fondée par son grand-père en 1948, l’entreprise de Sainte-Anne-des-Plaines, dans les Basses-Laurentides, lutte comme d’autres pour sa survie. 

« En temps normal, 300 personnes travaillent ici. Deux cents mariages sont célébrés chaque été. Et c’est sans compter les baptêmes, les banquets, les soirées corporatives qui viennent compléter la saison des sucres. »

Mais, confinement oblige, tous les acteurs de cette industrie des salles de réception ont vécu l’hécatombe. 

« Mort » du jour au lendemain

« Le 13 mars, tout s’est arrêté, relate Mme Laurin. C’est devenu mort du jour au lendemain. Et depuis, impuissants, tout ce que nous pouvons faire est de répondre aux demandes d’annulation ou de report d’événements. »

C’est que, même déconfinées, les cabanes à sucre et les salles de réception n’ont pas du tout retrouvé leurs activités normales. 

Bien qu’il soit maintenant autorisé de réunir jusqu’à 250 personnes, les clients qui ne peuvent pas danser ou consommer d’alcool après minuit sont nombreux à annuler leurs célébrations.

Des programmes inadéquats

Les programmes de prêt des gouvernements ont été utiles, mais ont atteint leurs limites pour ces PME qui ne réalisent presque plus de ventes. 

« Dans notre cas, le prêt de 40 000 $ auquel nous aurions droit ne couvre même pas les frais fixes d’un seul mois. »

À la différence des propriétaires de restaurants et de bars, maintes fois consultés par les autorités ces derniers mois, les propriétaires de cabanes et salles de réception ont eu le sentiment d’avoir été oubliés au cours des dernières semaines. 

Récemment, ces derniers ont fondé l’Association des salles de réception et érablières du Québec et ont tenu une conférence de presse hier à Montréal pour crier leur besoin d’aide. 

Avant qu’il soit trop tard

« Que cette aide vienne du provincial ou du fédéral, du ministère de l’Économie, de l’Agriculture ou du Tourisme, [ça] n’a pas d’importance, affirme Mme Laurin, au nom de l’industrie. Cela fait six mois que nous sommes fermés. Nous sommes à bout de souffle, souvent incapables de joindre les deux bouts. Du temps, on n’en a plus. Tout ce que l’on souhaite est un peu d’aide pour pouvoir survivre jusqu’à ce que reprennent nos activités. » 

La Fédération canadienne des entreprises indépendantes (FCEI) les appuie dans leurs efforts et demande qu’on leur vienne en aide. 

« Leurs témoignages nous touchent au plus profond de notre cœur », affirme son vice-président Québec, François Vincent. 

« Ils ont consacré des années à faire naître et faire grandir leur entreprise. Aujourd’hui, ils sont au bout du rouleau. Les factures s’accumulent [...]. À ce rythme, de nombreuses cabanes à sucre et salles de réception vont tomber. N’attendons pas qu’il soit trop tard. »