/news/politics
Navigation

Pas de débat en anglais au Parti Québécois

Aucun des candidats n’est favorable à la tenue d’un débat en anglais, en opposition à l’ex-chef Jean-François Lisée, lors de la campagne

Frédéric Bastien
Photo d'archives, Chantal Poirier Frédéric Bastien

Coup d'oeil sur cet article

Peu importe qui sera le prochain chef du Parti Québécois, le parti indépendantiste ne sera pas représenté dans une potentielle réédition d’un débat en anglais lors de la prochaine campagne électorale en vue des élections de 2022.

Les quatre candidats à la direction ont précisé leur pensée au Journal dans les derniers jours, si bien qu’ils en sont arrivés à un consensus informel: aucun d’entre eux ne souhaite encourager la tenue d’un tel débat.

L’historien Frédéric Bastien a lancé le bal dimanche en tonnant qu’une participation péquiste à un débat dans la langue de Shakespeare envoie «un mauvais message» aux anglophones et aux allophones. 

Paul St-Pierre Plamondon
Photo Agence QMI, TOMA ICZKOVITS
Paul St-Pierre Plamondon

Plus tôt cette semaine, l’avocat Paul St-Pierre Plamondon a fait valoir que «ce n’est pas une obligation» de mener un échange entre leaders de parti dans une seconde langue.

«Il y a déjà bon nombre de débats dans la langue officielle. [...] Je ne pense pas que j’y participerais. Ça reste quelque chose qu’on évalue en temps et lieu, dépendant le format», a-t-il laissé planer, insistant qu’il «répondrai[t] toujours aux questions des journalistes anglophones».

Sylvain Gaudreault
Photo d'archives, Simon Clark
Sylvain Gaudreault

Le député de Jonquière, Sylvain Gaudreault, a abondé dans le même sens mardi: «ce n’est pas nécessaire», a-t-il laissé tomber.

«Si j’avais à prendre la décision en ce moment, ça serait non», précise M. Gaudreault.

«Il y a une langue officielle au Québec: c’est le français. Il y a une langue commune: c’est le français. On va faire un débat en français», tranche-t-il. 

Guy Nantel
Photo d'archives, Ben Pelosse
Guy Nantel

Contactée par Le Journal, mercredi, l’équipe de l’humoriste Guy Nantel a indiqué qu’il ne comptait pas, lui non plus, participer à un débat en anglais s’il est élu chef.

MM. Bastien et St-Pierre Plamondon ont par ailleurs tous deux insisté sur le fait que la maîtrise de l’anglais n’était en rien un problème pour eux, chacun rappelant leur parcours professionnel, qui les a menés à vivre en Angleterre.

Changement de cap

La position commune des aspirants chefs entre en porte-à-faux complet avec celle de l’ex-chef Jean-François Lisée. Lors de la dernière campagne électorale, M. Lisée avait lui-même lancé l’invitation de débattre en anglais à ses homologues.

Le débat télévisé en anglais durant la campagne de 2018 était une première dans l’histoire du Québec. Le dernier débat uniquement en anglais remontait à 1985, alors que le premier ministre péquiste Pierre Marc Johnson avait croisé le fer avec le candidat libéral Robert Bourassa. La confrontation n’avait été présentée qu’à la radio.

Qui sont les hommes et les femmes derrière nos politiciens? Emmanuelle présente... un balado animé par Emmanuelle Latraverse.