/world/america
Navigation

Fierté et espoir en Jamaïque, île natale du père de Kamala Harris

Kamala Harris
Photo AFP Kamala Harris

Coup d'oeil sur cet article

Les racines jamaïcaines de Kamala Harris, choisie cette semaine par le démocrate Joe Biden pour l’épauler dans sa course à la présidentielle américaine, remplissent de fierté et d’espoir l’île qui vit naguère naître son père.

Les habitants de Kingston, capitale de la Jamaïque, se réjouissaient ouvertement mercredi de ce choix historique, passant outre le fait que Mme Harris est née en Californie d’une mère indienne.

« Mon coeur est ravi pour tous les enfants d’ici qui se reconnaissent en elle et rêveront plus grand grâce à ceci », exulte Felicia Mills, une jeune cadre de 36 ans. « C’est très important pour chaque petite fille qui a un jour fait un rêve impossible », ajoute-t-elle, qualifiant Mme Harris de « Jamaïcaine d’honneur ».

À 55 ans, la sénatrice de Californie accumule les titres de pionnière. Elle est la première femme noire colistière aux États-Unis ainsi que la première personne d’origine indienne à briguer la vice-présidence des États-Unis. 

Avant cela, elle a été élue deux fois procureure générale de Californie (2011-2017), devenant alors la première femme, mais aussi la première personne noire, à diriger les services judiciaires de l’État le plus peuplé du pays.

Puis en janvier 2017, elle avait prêté serment au Sénat à Washington, s’inscrivant comme la première femme originaire d’Asie du Sud et seulement la deuxième sénatrice noire dans l’histoire américaine.

Son père, Donald Harris, a été chercheur et professeur d’économie à la prestigieuse université de Stanford en Californie.

Selon sa biographie, disponible sur le site de l’université, il a été naturalisé Américain mais « est resté très engagé dans des travaux sur l’économie de la Jamaïque, son pays natal ». Il a notamment été consultant pour le compte du gouvernement jamaïcain et pour ses chefs de gouvernement, selon Stanford.

La mère de Mme Harris, Shyamala Gopalan, était pour sa part chercheuse en cancérologie. C’est elle qui a élevé Mme Harris et sa soeur Maya après sa séparation d’avec leur père. Elle est décédée en 2009.

« Fière de son héritage »

Pour l’éditorialiste politique jamaïcain Kevin O’Brien Chang, la candidature de Mme Harris est positive pour l’image de l’île caraïbéenne. « Elle a parlé en bien de la Jamaïque par le passé, elle est consciente de son héritage et elle en est fière », souligne-t-il.

« C’est un signe de grandeur et cela résonne bien que la fille de deux immigrants, née aux États-Unis, puisse aspirer à la deuxième fonction la plus puissante d’Amérique », note M. Chang. 

Les milieux politiques ne sont pas en reste. La ministre des Affaires étrangères Kamina Johnson Smith a elle aussi tweeté ses « Félicitations à la sénatrice @kamalaharris pour cette sélection historique ! »

À moins de trois mois du scrutin, d’autres citoyens se félicitent de l’habileté de ce choix.

« D’après les réactions que j’ai vues jusqu’ici, c’est un coup de génie », s’enthousiasme Francine James, étudiante en politique des Antilles. « Toute tentative des républicains pour lui nuire (...) va certainement se retourner contre eux », estime-t-elle.

Les deux colistiers sont apparus pour la première fois ensemble mercredi depuis l’officialisation de leur « ticket » à Wilmington, dans le Delaware. « J’avais le choix, mais je n’ai aucun doute d’avoir choisi la bonne personne », a lancé M. Biden.