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General Hospital: un exemple à suivre

La télésérie General Hospital se débrouille bien malgré les restrictions sanitaires

General Hospital
Photo courtoisie En jouant avec la profondeur de champ, les réalisateurs de General Hospital créent une illusion de proximité entre les acteurs.

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Certaines séries gèrent mieux les mesures de distanciation que d’autres. C’est le cas de General Hospital. Le vétéran soap américain s’en tire tellement bien qu’il nous permet d’envisager un automne télévisuel de qualité quand nos fictions vont reprendre l’antenne.

Revenu en ondes la semaine dernière, General Hospital devance aisément The Young and the Restless (Les feux de l’amour) et The Bold and the Beautiful (Top modèles) au palmarès des feuilletons les plus réussis tournés en pandémie. On parle bien évidemment du contenant, c’est-à-dire comment ses producteurs, réalisateurs et auteurs parviennent à nous faire oublier — par différents stratagèmes — qu’ils doivent composer avec mille et une restrictions sanitaires.

Dans toutes ces séries dépeignant des univers parallèles exempts de COVID-19, l’écart de deux mètres entre chacun des comédiens devrait passer inaperçu. Sinon, c’est déconcentrant.

Mise en scène plus réfléchie

General Hospital supplante The Young and the Restless et The Bold and the Beautiful pour plusieurs raisons. Ses mises en scène plus réfléchies en font certainement partie.

Alors qu’ailleurs, les comédiens semblent avoir reçu la consigne d’éviter tout mouvement, ceux de General Hospital jouissent d’une liberté beaucoup plus grande.

Certes, quelques séquences adoptent le modèle « un personnage assis derrière son bureau pendant que l’autre demeure debout en face », mais dans l’ensemble, c’est franchement moins statique. Et quand quelqu’un sonne ou cogne à la porte, quelqu’un s’y rend pour l’ouvrir. Dans The Young and the Restless et The Bold and the Beautiful, le mot d’ordre donne l’impression d’être : Restez exactement où vous êtes et criez « Entrez ! » au loin.

Illusions réussies

Loin d’être paresseux, les réalisateurs de General Hospital recourent à diverses techniques pour créer l’illusion d’une plus grande proximité entre les acteurs. La profondeur de champ compte parmi elles.

Les scènes à plus de deux personnages ne sont pas rares.
Photo courtoisie
Les scènes à plus de deux personnages ne sont pas rares.

De plus, ils s’efforcent de toujours mettre deux comédiens dans (presque) chaque plan de caméra pour éviter qu’ils aient l’air de parler tout seuls... ou d’avoir enregistré leurs répliques séparément.

Enfin, on devine que quelques tours de passe-passe au montage ont été employés.

Règles moins strictes

À force de regarder des épisodes de General Hospital, on devine toutefois une chose : leurs protocoles en vigueur sont moins stricts que ceux des autres soaps.

Les scènes d’amour ont été évacuées, mais quelques brefs moments de rapprochement physique ont été conservés.
Photo courtoisie
Les scènes d’amour ont été évacuées, mais quelques brefs moments de rapprochement physique ont été conservés.

On n’a qu’à comparer les scènes d’hôpital pour s’en rendre compte. Dans General Hospital, on peut voir une amoureuse éplorée attendre que son copain se réveille d’une opération assise collée au lit. En début d’heure, elle lui tient la main (contact physique no 1) et quelques minutes plus tard, elle l’embrasse gentiment sur le front (contact physique no 2). On est loin des scènes d’amour torrides pré-COVID-19, mais quand même.

Dans The Bold and the Beautiful, la patiente est laissée à elle-même. On jurerait qu’elle est atteinte d’une maladie hyper contagieuse tellement ses visiteurs — et même son médecin — se tiennent loin d’elle.

Protocoles moins contraignants ou pas, l’exemple General Hospital nous redonne un peu d’espoir quant au retour, en septembre, de District 31, Toute la vie et compagnie. Ça montre qu’on peut livrer la marchandise en dépit des mesures de distanciation qui compliquent les tournages.