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Quel lien de confiance?

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Les géants du numérique ont cette fâcheuse tendance à se moquer de nos gouvernements, de nos institutions, donc de nous tous.

Encore hier, Shopify n’a pas daigné se présenter à la commission parlementaire de l’Assemblée nationale qui étudie son application de traçage de la COVID-19.

C’est désolant, surtout en regard de l’importance de l’enjeu. 

Les gouvernements fédéral et de l’Ontario ont adopté l’application appelée Alerte COVID.

L’outil permet aux utilisateurs de partager leur état de santé avec ceux qu’ils croisent, de façon anonyme.

Québec souhaitait consulter la population et des experts avant d’aller de l’avant. 

Le gouvernement Legault semble maintenant prêt à franchir ce pas, fort d’un appui majoritaire de la population. Mais cet appui ne justifie pas l’absence remarquée de Shopify, hier à Québec.

Cette absence ne fait qu’attirer la méfiance de ceux qui se posent des questions légitimes sur la protection de leurs données personnelles, entre autres.

À ce chapitre, les géants du numérique ne méritent pas le bénéfice du doute de la population.

Encore des questions

À première vue, Shopify a fait les choses dans les règles de l’art. 

Son application a été créée en code source ouvert, c’est-à-dire qu’on sait ce qu’il y a sous le capot. 

Dès qu’on la télécharge, on nous informe que notre emplacement, notre nom, notre adresse, nos contacts et nos informations de santé resteront anonymes. 

L’application a aussi reçu la bénédiction – avec certaines réserves – du sévère commissaire à la vie privée fédéral.

Mais des questions demeurent. L’application utilise les systèmes d’exploitation d’Apple et Google. Ces deux géants ont-ils accès à nos données personnelles ? Si oui, comment comptent-ils s’en servir ?  

L’absence de Shopify serait plus honteuse si le gouvernement Legault accordait une véritable importance à cette commission parlementaire, dont l’issue semble jouée d’avance. Pour être vraiment efficace, l’application Alerte COVID doit obtenir une large adhésion de la population. Ses créateurs ont raté l’occasion d’entretenir ce nécessaire lien de confiance.