/misc
Navigation

Prendre ou ne pas prendre le transport en commun?

Coup d'oeil sur cet article

En ces temps de COVID, on sait que le meilleur moyen de respecter la distanciation physique est de rester chez soi. C’est aussi la mesure la plus efficace pour réduire la pollution générée par le transport. Or, avec la rentrée bon nombre d’entre nous devrons recommencer à nous déplacer. 

Dans ce contexte, est-ce que l’utilisation des transports en commun demeure plus favorable à la santé publique que l’auto solo? Je me suis posé la question pour moi et mes proches qui sommes en bonne santé. Même si on sait que l’on peut tous être porteurs de la COVID-19 sans avoir de symptômes

La pollution tue

Les chiffres sont clairs, la pollution atmosphérique à laquelle contribue largement l’utilisation des véhicules à essence comme au diesel, fait de nombreuses victimes. 

Au pays, Santé Canada estime que le nombre de décès prématurés attribuables à la pollution de l’air est de 14 600 annuellement. C’est autant de personnes que toute la population des Îles-de-la-Madeleine. Mondialement, on parle de 8,8 millions de personnes. Au moins 40% de ces décès supplémentaires seraient causés par des crises cardiaques, des accidents vasculaires cérébraux et d’autres maladies cardiovasculaires autrement évitables.  

Que dire des millions de personnes qui souffrent d’asthme et d’autres maladies respiratoires et cardiovasculaires chroniques exacerbées par le smog et les canicules? Les cancers sont aussi davantage présents chez les individus vivant dans des milieux où l’air est pollué. De nouvelles études ont aussi démontré que la pollution peut entrainer une baisse des facultés mentales

Les enfants sont les plus affectés

Contrairement à la COVID-19 qui semble faire moins de victimes chez les enfants, la pollution de l’air les affecte tout particulièrement. Il faut savoir que proportionnellement à leur poids, ils respirent plus que les adultes. Sans compter que leurs organes et leurs systèmes immunitaires n’ont pas atteint leur maturité. Cela les rend donc plus vulnérables.

On pourrait aussi parler des effets des changements climatiques sur la santé publique. On sait déjà que les extrêmes climatiques fragilisent les populations et que ce sera pire avec le temps. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) estime déjà à 150 000 le nombre de morts attribuables annuellement au réchauffement climatique. 

Agir de manière responsable

Tout cela pour dire qu’en matière de santé publique, nous avons tout intérêt à réduire la pollution de l’air, ce qui signifie réduire l’utilisation des véhicules à essence et au diesel. 

Si l’auto électrique est un moyen d’y parvenir, il est encore plus responsable de limiter nos déplacements, de se déplacer à pied comme à vélo et d’utiliser le transport en commun. C’est ce que nous répètent des chercheurs comme Catherine Morency de l’école Polytechnique depuis des années. 

Prendre ses précautions

Jusqu’à présent les analyses de données réalisées dans plusieurs grandes villes semblent démontrer qu’au cours des derniers mois, les transports publics n’ont pas été d’importants vecteurs de transmission de la COVID-19. C’est ce qui a été observé à Paris, Tokyo, Beijing, Berlin et New York. 

Certes, les transports publics ont été beaucoup moins achalandés au cours des derniers mois à cause du confinement, mais il faut dire aussi que de manière générale, le personnel et la population semblent prendre leurs précautions.

Le port d’un masque adéquat, le nettoyage fréquent des mains, grâce à une petite bouteille de désinfectant que l’on peut garder avec soi durant nos déplacements, sont des moyens efficaces de réduire significativement les risques pour nous et les autres. 

Selon les experts interrogés par le New York Times, prendre le métro est probablement moins risqué que de manger dans un restaurant à l’intérieur, mais est évidemment moins sécuritaire que de se déplacer à pied à l’extérieur. 

Mon choix

Même si utiliser les transports en commun n’est pas sans risque, ce sera mon premier choix pour tous les déplacements que je ne pourrai pas faire à pied ou à vélo. J’encouragerai mes enfants à faire pareil, tout en prenant les précautions nécessaires.

Je pense qu’ainsi nous contribuerons à protéger la population contre la COVID-19 et la pollution. Ces deux batailles doivent être menées de front pour protéger la santé publique ici et maintenant, mais aussi l’avenir de nos enfants.

Ce faisant, je permettrai aux gens âgés et plus vulnérables, comme mon amie Lucie atteinte d’une maladie pulmonaire, de circuler plus librement en voiture.

Loin d’être un sacrifice, c’est pour moi un choix logique qui contribue à ma propre santé physique et mentale. La cohérence ça fait du bien!