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Sous la jaquette

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Quel est le nom de l’écrivain québécois le plus respecté ? Michel Tremblay.

Quel est le nom de l’écrivaine québécoise qui attire des centaines d’admirateurs à chacune de ses apparitions dans les salons du livre ? Kim Thuy.

Quel est le nom de l’écrivain québécois le plus chouchou ? Dany Laferrière.

Un homosexuel, une femme asiatique et un homme noir.

Mais quand vous achetez leurs livres, est-ce que vous vous dites « Je suis en train d’encourager la diversité intersectionnelle des minorités sexuelles et racisées » ?

Non, c’est bien ce que je pensais. Selon la nouvelle rectitude politique, on ne définit plus les auteurs que selon leurs préférences sexuelles, la couleur de leur peau, leur genre ou leur appartenance à un groupe marginalisé.

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LA PAGE BLANCHE

Le Devoir nous annonçait hier la naissance prochaine d’une « maison d’édition pour les femmes racisées ». Elle s’appellera Divers syllabes, et sera « une maison d’édition féministe intersectionnelle et queer ».

Dans cet article pétri de bons sentiments, on nous dit que « la littérature québécoise est encore très blanche. » (J’imagine qu’on ne reprocherait pas à la littérature mexicaine d’être très latino ou à la littérature japonaise d’être très asiatique, mais bon...)

Tout ce texte de l’auguste Devoir laisse sous-entendre que des voix sont brimées, occultées, opprimées dans le milieu littéraire québécois. Madioula Kébé-Kamara, la future éditrice de cette maison, pose la question : « Sur les dix livres dont on a le plus parlé l’an dernier, combien ont été écrits par des femmes racisées, ou par des personnes racisées issues des minorités de genre ? »

Quelle drôle de question ! Si Kim Thuy publie un livre, va-t-on lui reprocher de ne pas cocher suffisamment de cases : elle est une femme, issue de l’immigration, minorité visible, MAIS elle est hétérosexuelle et cisgenre.

Dany Laferrière est noir, issu de l’immigration, MAIS c’est un homme, hétéro, cisgenre de plus de 50 ans.

Michel Tremblay est homosexuel, MAIS il a la peau blanche et il est un « de souche » qui n’est pas transgenre.

Et aucun des trois n’est handicapé, ça leur enlève donc la possibilité d’être édité par une maison consacrée aux auteurs racisés queer handicapés.

Il me semble qu’à une époque où on prône le « vivre ensemble », ce n’est pas le moment de créer des chapelles.

« Moi je ne publie que des livres écrits par des personnes issues de l’immigration qui ne s’identifient ni comme homme ni comme femme ». « Moi je ne publie que des auteurs échangistes diabétiques bègues. » 

ACHAT LOCAL

Mercredi 12 août, c’était comme chaque année la journée « J’achète un livre québécois ». Les ventes de livres ont connu un engouement sans précédent. Selon Radio-Canada, « Le site leslibraires.ca a connu une augmentation de plus de 500 % des commandes par rapport à la même date l’an dernier. »

Mais je me demande combien de personnes à travers la province ont acheté un livre en se basant sur le critère suivant : « L’auteur est-il non binaire, bi, queer, cisgenre, transgenre, homme, femme, pansexuel, polyamoureuse ? ».

Quand on choisit un bouquin, on s’intéresse à ce que l’auteur dit entre les pages. Pas à ce qu’il fait entre les draps.