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B.J. Cunningham a adopté Montréal

Le receveur américain des Alouettes est tombé en amour avec la métropole

B.J. Cunningham
Photo Pierre-Paul Poulin

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 On reproche aux athlètes des équipes professionnelles de quitter Montréal dès qu’ils en ont la chance à la fin de leur campagne respective. Par contre, certains d’entre eux sont heureux de demeurer dans la métropole pendant la saison morte. Le receveur des Alouettes, B.J. Cunningham fait partie de cette catégorie.

L’Américain de 31 ans est tombé en amour avec Montréal dès qu’il y a mis les pieds en 2015. À l’époque, il revenait d’un séjour de quelques saisons dans la NFL avec les Bears de Chicago, les Eagles de Philadelphie et les Dolphins de Miami.

« J’adore la ville. Elle est superbe, a indiqué Cunningham lors d’une entrevue avec le Journal de Montréal. Les gens sont sympathiques et la nourriture est incroyable.

« Ça fait cinq ans que j’habite ici et je m’y sens bien. J’ai adopté cette ville. C’est la plus belle au Canada. Elle possède sa propre culture.

« Et les hivers ne me font pas peur parce que je suis originaire de l’Ohio. J’ai grandi avec la neige, donc ce n’est pas un problème pour moi. »

Chez les Alouettes, on compte trois Américains qui habitent en permanence au Québec. En plus de Cunningham, il y a également le porteur de ballon Tyrell Sutton et l’ailier défensif John Bowman.

« Le fait de ne pas avoir de femme ou d’enfants aux États-Unis, ça facilite mes décisions, a-t-il ajouté. Je n’ai pas de responsabilités de l’autre côté de la frontière. »

Un penchant pour le Vieux-Port

Au fil de ses années en sol montréalais, Cunningham a découvert plusieurs bons restaurants où il aime casser la croûte avec des amis ou avec ses coéquipiers.

Quel est son endroit de prédilection ?

« J’aime aller au Deville Dinerbar sur la rue Stanley, a mentionné le no 85 des Alouettes après quelques secondes de réflexion. Il n’est pas ouvert présentement, mais c’est un de mes endroits favoris.

« Je ne déteste pas non plus aller chez Boustan. Si je veux une bonne assiette de poulet, avec du riz et des légumes, c’est ma place.

« Enfin, il y a le Jiao dans le Vieux-Port. Il y a de la bonne bouffe, de la bonne musique et on peut prendre un verre. J’aime l’ambiance de cet endroit. »

Lorsqu’il a du temps libre, il aime bien se promener dans le Vieux-Port pour son cachet historique. Puis, s’il veut s’entraîner à l’extérieur, il ne déteste pas aller faire de la course à pied sur le mont Royal.

Confinement à Montréal

Chaque année, il passe quelques semaines aux États-Unis pour aller voir des amis et les membres de sa famille. Habitude qu’il a pu conserver en 2020.

Toutefois, il a décidé de rester bien sagement à Montréal pendant la pandémie de la COVID-19.

« C’est un peu fou ce qui se déroule aux États-Unis. C’est risqué d’y aller, a mentionné celui qui demeure dans Griffintown. Lorsque j’ai vu le nombre de cas grimper en flèche, ça m’a confirmé que j’avais pris la bonne décision. »

À la fin de sa carrière, Cunningham ne sait pas s’il s’installera au Québec. Par contre, une chose est sûre, Montréal aura toujours une place spéciale dans son cœur.

Ses plans contrecarrés par la COVID-19

Cunningham avait des attentes élevées pour la saison 2020 

B.J. Cunningham
Photo Agence QMI, Marc Desrosiers

Depuis deux mois, B.J. Cunningham a des papillons dans l’estomac pour aucune raison. Le phénomène se produit souvent le jour où il doit disputer un match de saison régulière avec les Alouettes. Et il est conscient que ça pourrait se produire à nouveau dans les prochaines semaines.

Avec l’incertitude entourant la LCF à l’heure actuelle, il ne sait toujours pas s’il pourra sauter sur le terrain avec ses coéquipiers. Pour lui, la situation est crève-cœur.

Après six matchs en 2019, il a subi une blessure majeure au poignet qui a mis fin à sa campagne. La saison 2020 était celle de son retour en force. Il était déterminé à aider les Alouettes à passer à l’étape suivante.

« Ce qui se passe est difficile à encaisser. C’était l’année où je voulais remettre ma carrière sur les rails, a expliqué B.J. Cunningham qui a récolté 345 verges de gains aériens et un touché la saison dernière.

« Je me suis blessé en août 2019. Ça fait presque un an que je n’ai pas joué un match de football. L’attente est interminable surtout que je suis affamé comme jamais. »

Attentes élevées

Le no 85 des Alouettes avait des attentes élevées pour sa première saison complète avec Vernon Adams jr au poste de quart-arrière.

« C’est une des raisons pour lesquelles j’étais si excité de jouer la saison 2020, a mentionné Cunningham. J’avais hâte de faire des jeux avec lui.

« Vernon est devenu un leader et un rassembleur pour notre équipe l’an dernier. »

D’ailleurs, il n’a pas pu prendre part au mini-camp d’Adams jr aux États-Unis, qui a eu lieu la semaine dernière. Tous les receveurs de l’équipe étaient présents sauf Cunningham.

« J’ai décidé de ne pas y aller en raison de ma participation au camp avec les jeunes, mais aussi à cause de la quarantaine de 14 jours exigée à mon retour au Canada, a expliqué Cunningham. Vernon sait que je me prépare comme il se doit. Le lien de confiance est très bon entre nous.

« S’il y a une saison, il espère arriver quelques jours avant le début du camp afin qu’on puisse s’entraîner ensemble. »

Avenir à Montréal

S’il y a une campagne dans la LCF, Cunningham écoulera la dernière année de son contrat. Est-ce qu’il se voit encore avec les Alouettes durant encore quelques saisons ?

« Je ne sais pas ce qui va arriver à la fin de mon entente. J’y vais un jour à la fois, a-t-il précisé. Je suis maintenant rendu à 31 ans, mais je crois qu’il me reste encore quelques bonnes saisons dans le corps. »

Un coup de pouce aux jeunes receveurs 

B.J. Cunningham
Photo Pierre-Paul Poulin

Entre ses séances quotidiennes d’entraînement en prévision d’une possible campagne dans la Ligue canadienne, B.J. Cunningham prend le temps de redonner à la communauté montréalaise. Il prodigue des conseils à une vingtaine de jeunes joueurs de football.

Il est l’un des entraîneurs du programme « Project Playmaker » qui a été mis sur pied en 2018 par le Montréalais et ancien joueur du Rouge et Noir d’Ottawa, Scott MacDonnell.

« Après ma carrière, j’ai été entraîneur pendant quelques années, a raconté MacDonnell. J’ai constaté qu’on avait plusieurs receveurs talentueux et athlétiques au Québec.

« Par contre, ils avaient besoin de peaufiner certaines facettes de leur jeu. Notre programme les aide à les préparer pour la saison qui s’en vient. »

MacDonnell et Cunningham ont joué ensemble chez les Alouettes seulement pendant quelques semaines. Ils sont rapidement devenus amis.

Puis, même si le Montréalais a accroché ses épaulettes, leur lien d’amitié est demeuré à travers les années.

« À l’époque, il m’avait beaucoup aidé dans ma transition au football canadien, a expliqué Cunningham. Durant la saison morte, il m’a approché pour son programme et je n’ai pas pu refuser. »

Sourire aux lèvres

Lors de notre passage au parc Rutherford, on a constaté que Cunningham était heureux de se retrouver sur un terrain de football. Il avait le sourire aux lèvres pendant qu’il discutait avec ses protégés durant les différents exercices.

Le joueur des Alouettes est impressionné par la nouvelle génération de joueurs.

« Ce qui m’épate, c’est que tu expliques les choses une fois et ils saisissent du premier coup, a précisé le no 85 des Alouettes. De plus, ceux qui s’entraînent avec moi n’hésitent pas à faire des heures supplémentaires si c’est nécessaire. C’est une belle expérience. »

Selon son ancien coéquipier, l’Américain a de la graine d’entraîneur.

« B.J. est un excellent enseignant avec les jeunes, a ajouté MacDonnell. Je savais que c’était une personne ouverte d’esprit à la base. Il n’était pas fermé à recevoir des idées ou des points de vue.

« Avoir des connaissances est une chose, mais être capable de les transmettre en est une autre. »