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La COVID-19 a permis à une ado de trouver une famille

La Montréalaise qui était en foyer de groupe file maintenant le bonheur parfait

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Photo Agence QMI, Toma Iczkovits Dans son nouveau milieu de vie depuis la mi-mars, après avoir quitté son centre de la protection de la jeunesse de Montréal, la complicité entre Maude [nom fictif] et ses parents d’accueil laisse croire qu’elle y a passé pratiquement toute sa vie.

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Si la COVID-19 a été synonyme de cauchemar pour bien des gens, la pandémie aura plutôt été l’occasion de trouver une famille, et du coup, un avenir pour une adolescente montréalaise qui résidait dans un centre de la protection de la jeunesse.

« Si ce n’était pas arrivé, j’aurais pu avoir une bonne dérape, ça n’allait pas bien », confie la jeune femme de 17 ans, que nous appellerons Maude, car on ne peut dévoiler son identité en vertu de la Loi sur la protection de la jeunesse. 

« J’étais sur les antidépresseurs, maintenant, je n’en ai plus besoin. C’était vraiment la stabilité que je recherchais », illustre-t-elle.

Si l’adolescente a débarqué dans son nouveau milieu de vie seulement en mars dernier, la complicité entre elle et ses parents d’accueil laisse croire qu’elle y a passé toute sa vie. Elle se sent tellement bien et aimée qu’elle les appelle déjà « papa » et « maman ». 

« Ça a fait spécial, l’entendre la première fois. C’est vraiment une bonne petite fille, elle avait simplement besoin d’un encadrement. On est vraiment contents », confie le père d’accueil.

C’est la pandémie qui a précipité l’arrivée de Maude dans sa famille d’accueil. Travaillant en cuisine dans une résidence pour personnes âgées (RPA) de Montréal, l’ado a failli être obligée de se confiner dans son centre, à cause des risques de propagation.

Or, son patron au boulot, qui se trouve aussi être le père de sa bonne amie, lui a plutôt proposé de l’accueillir temporairement chez lui. 

Appréciée de tous

« Elle est appréciée de tout le monde là-bas. Il y avait tellement de travail, j’avais vraiment besoin d’elle. On faisait du 50 à 60 heures par semaine », relate-t-il. 

Ce qui au départ devait durer une semaine s’est finalement transformé en séjour à long terme, alors que la DPJ a demandé au couple s’ils souhaitaient se voir confier Maude. 

« On y a réfléchi et même si ce n’était aucunement prévu, on a embarqué, on s’est dit qu’on serait capables de s’ajuster. On la considère vraiment comme notre fille », soutiennent les deux parents d’accueil.

Après avoir passé toutes les vérifications exigées par la DPJ, comme une visite du milieu, des tests psychologiques, des évaluations de leur passé, ils ont finalement été officiellement reconnus comme famille d’accueil en juillet.

Adoption affective

« Ce n’est pas officiel, mais c’est devenu ma famille adoptive affective », confie Maude, qui rayonne de bonheur. 

Depuis mars, elle remarque que tout va pour le mieux pour elle, alors qu’elle traversait depuis plusieurs années une « période difficile ».

« Ce n’était pas évident au foyer. J’avais des troubles de comportement, aussi au niveau alimentaire. Venir ici, ça m’a aidée mentalement, émotivement et physiquement. C’est que du positif », affirme la jeune fille.

Cette dernière trouve l’énergie et la motivation de se lever tôt le matin pour aller au travail, où elle se sent valorisée, ce qui était « impensable » dans le passé.

« Je suis fière d’avoir fait partie du personnel essentiel durant la pandémie. J’aime ce que je fais, mon énergie était dédiée aux résidents », affirme Maude. 

Avec cette famille derrière elle qui l’encourage, elle est maintenant beaucoup plus confiante en l’avenir, au point qu’elle veut retourner à l’école, dans le but de travailler dans le milieu de la santé.