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Legault, entre relance et 2e vague

Conférence François Legault
Photo d'archives, Ben Pelosse

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François Legault ne brûlera pas de carte à valeur préélectorale cet automne. Nouveau discours, véritable remaniement ministériel, tout ça est reporté à 2021, en raison de l’incertitude entourant les soubresauts de la pandémie.

Les bonzes des communications gouvernementales ont commencé à préparer les esprits. L’accent sera mis sur la relance économique, sur une gestion serrée de la santé et de l’éducation, et sur pratiquement rien d’autre.

Simon Jolin-Barrette, qui doit piaffer d’impatience hors des projecteurs, a beau avoir affirmé que son plan pour la langue française serait présenté « dans les prochaines semaines », rien n’est moins sûr. Il est fort possible que le gouvernement se limite à déposer le plan pour l’environnement de Benoit Charette, qui était prêt avant la COVID.

Dans l’entourage du premier ministre, on craint un automne difficile. Après le choc sanitaire, on anticipe le choc économique.

Revoir les façons de faire

Lorsque les vacanciers québécois retourneront au boulot, en télétravail, les restaurants risquent de replonger dans le marasme. Les tours de bureaux désertées et les commerces qui souffrent, dans les milieux urbains, constituent un symbole de la nouvelle réalité.

Le gouvernement Legault présentera une nouvelle mouture du projet de loi visant à accélérer les projets d’infrastructures et orientera ses décisions afin qu’elles soient payantes pour la relance.

Il espère ne pas trop devoir piger dans la réserve de 4 milliards $ prévue pour faire face à la 2e vague. La mise à jour économique de novembre en dira davantage. Mais l’équipe caquiste sait qu’elle devra revoir certains paradigmes. Par exemple, lorsque le Centre d’acquisitions gouvernementales a été créé pour regrouper les achats publics, l’idée était de faire de plus gros appels d’offres, pour économiser sur les contrats. Bien des PME de régions, habituées de desservir des centres locaux, craignaient alors de se retrouver sur la touche. Si on veut aider les entreprises québécoises, le gouvernement ne pourra plus évaluer l’attribution de ses contrats à travers la seule lorgnette du plus bas prix.

Et l’esprit d’équipe !

Pendant que l’économie et la gestion de la COVID prendront presque tout l’espace, l’esprit d’équipe des caquistes sera mis à rude épreuve. 

Des élus d’arrière-ban au fort potentiel espéraient un véritable remaniement avant la fin de l’année, à la suite du jeu de chaise musicale touchant la santé, le Conseil du trésor, la justice et l’immigration en juin.

Plus le vrai remaniement tarde, plus ceux qui aspirent au Saint des Saints savent que l’opération de renouvellement sera la seule d’ici la fin du mandat.

François Legault voudra bien, à un certain moment, présenter une équipe rafraîchie qui donnera l’image d’un nouvel élan, mais il a raison d’appréhender les tensions sous-jacentes. 

L’exercice fera bien des déçus, des ministres déchus aux candidats qui ne seront pas retenus pour une promotion.

Certains ne se gênent pas pour taper du pied aux portes du cabinet du PM. C’est la rançon pour avoir recruté bien des candidats habitués à des postes décisionnels, et qui ne sont pas des politiciens dans l’âme ! 

En vrac  

Fini le niaisage !

Pour faciliter l’étude des crédits des ministères en temps de COVID, à compter de lundi, le gouvernement caquiste a consenti à ne pas utiliser son temps de parole, ce qui épurera de 100 heures l’exercice de reddition de compte. L’opposition pourra cuisiner les intervenants sans devoir alterner le temps de parole avec des élus du parti au pouvoir qui, depuis la nuit des temps, se sont évertués à casser le rythme des échanges pour chercher à bien faire paraître le gouvernement. La plus belle répercussion de la COVID jusqu’ici ! 

Nantel fait son numéro mardi 

Conférence François Legault
Photo d'archives, Ben Pelosse

Très discret pendant que ses adversaires ont fait connaître graduellement certains de leurs engagements dans les dernières semaines, l’humoriste Guy Nantel dévoilera sa plateforme politique mardi, en soirée, à Montréal.