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L’étude des ovnis prise au sérieux aux États-Unis

Une unité de la US Navy est créée, tandis que la question relève des amateurs au Canada

ovni saint lambert lauzon
Photo d'archives Au beau milieu de la nuit du 2 novembre 2014, un citoyen de la municipalité de Saint-Lambert-de-Lauzon, dans Chaudière-Appalaches, aurait observé une « lueur orange » dans le ciel.

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À l’heure où le gouvernement américain a décidé de prendre davantage au sérieux l'étude des objets volants non identifiés (ovnis), ces phénomènes restent étudiés par des amateurs au Canada et au Québec, province championne des signalements.

Les Américains ont annoncé vendredi la mise sur pied d’une unité de la US Navy chargée d’étudier les ovnis.

Le Pentagone craint notamment l’espionnage chinois, à l’aide de drones ou d’autres moyens aéroportés.

Du côté du Canada, « on essaie de faire un travail comparable », explique Chris Rutkowski, auteur principal de l’Enquête canadienne sur les ovnis (Canadian UFO Survey), publiée annuellement par le groupe UFOlogy Research depuis 1989.

D’autres objets volants non identifiés aperçus au Québec.
Photo d'archives
D’autres objets volants non identifiés aperçus au Québec.

« Même sans avoir accès à toutes les archives, on réussit à avoir un bon portrait », ajoute-t-il. Dans son dernier rapport qui date de juillet, le coordonnateur de la recherche a compilé 849 signalements d’ovnis au Canada en 2019, dont 35 % au Québec.

À Montréal seulement, 46 objets volants non identifiés ont été aperçus l’an dernier.

Le Canada, comme les États-Unis, a déjà eu des projets de recherche qui se sont penchés sur l’existence des ovnis dans les années 1950. Le Conseil national de recherches du Canada a aussi recueilli des rapports d’observations jusqu’en 1995.

Depuis, des regroupements d’amateurs, comme l’Association québécoise d’ufologie (AQU) ou le Groupe d’étude, d’observation et de signalements d’ovnis, ont pris le relais.

Le voir pour le croire

« Nous, on croit à l’existence des extraterrestres », affirme sans détour Gilles Milot, président et fondateur de l’AQU.

Gilles Milot, président et fondateur de l’Association québécoise d’ufologie (AQU).
Photo d'archives, Sarah-Maude Lefebvre
Gilles Milot, président et fondateur de l’Association québécoise d’ufologie (AQU).

Son organisation compte une vingtaine de bénévoles qui vont enquêter sur le terrain et rencontrer des témoins si un signalement leur semble crédible.

Bien souvent, les ufologues reconnaissent que les phénomènes observés peuvent s’expliquer par la présence d’un satellite ou d’une comète, par exemple.

Toutefois, l’enquête canadienne sur les ovnis estime qu’environ 3 % des signalements sont restés sans explication en 2019. 

« Je ne veux pas être méchant, mais il n’y a pas de grandes réflexions scientifiques dans [ces milieux-là] », prévient Christian Page, journaliste spécialisé dans les phénomènes étranges et inexpliqués.

Il souligne que la plupart des amateurs qui enquêtent sur les ovnis sont à la base persuadés de leur existence, ce qui a tendance à biaiser les résultats de leurs recherches.

Phénomène méconnu

L’astrophysicien Robert Lamontagne rappelle pour sa part que la majorité de la population connaît mal les phénomènes astronomiques, ce qui peut facilement l’induire en erreur. 

« Surtout quand on est dans une grande ville, on voit rarement plus que la lune, le soleil, quelques étoiles et quelques planètes », souligne-t-il.

Le scientifique ne compte d’ailleurs plus les fois où il a reçu des photos d’un « ovni » par courriel, et qui s’est révélé être... Vénus, une planète particulièrement brillante qui n’est visible que quelques semaines par année.


Quelques chiffres

849 : nombre de signalements (2019)

35 % : pourcentage des signalements provenant du Québec

46 : nombre de signalements à Montréal, ce qui en fait la ville à l’origine du plus grand nombre de signalements au pays

14 minutes : longueur moyenne d’observation de l’ovni

Mai : mois où le plus d’ovnis ont été signalés

Source: Enquête canadienne sur les ovnis pour l’année 2019

Des réactions 

« On veut mieux comprendre ce que les Canadiens voient. On reçoit des signalements du Québec jusqu’au Nunavut, de la part de citoyens ordinaires, comme des pilotes ou contrôleurs aériens. » 

— Chris Rutkowski, auteur principal de l’Enquête canadienne sur les ovnis

« De la vie extraterrestre, oui. La plupart des spécialistes s’entendent pour dire qu’il doit y avoir de la vie ailleurs dans l’univers. Mais des visiteurs extraterrestres, non. »

— Robert Lamontagne, astrophysicien et professeur-chercheur

« Ce qui nous préoccupe, c’est les triangles noirs. On a eu des cas au Québec cet été. Maintenant, on voit des losanges en plus. »

— Gilles Milot, président et fondateur de l’Association québécoise d’ufologie

« Au Québec, il n’existe que des associations privées, qui font un travail “d’investigation”. Ces gens-là font du mieux qu’ils peuvent avec les moyens qu’ils ont. »

– Christian Page, journaliste spécialisé dans les phénomènes étranges et inexpliqués