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Trump accusé de vouloir détruire la poste américaine à des fins électorales

Trump accusé de vouloir détruire la poste américaine à des fins électorales
Photo AFP

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La poste américaine a fait une entrée fracassante dans la campagne électorale américaine. Donald Trump est accusé par ses opposants de tout faire pour la détruire, afin de rendre impossible un vote par correspondance qui pourrait, selon lui, favoriser son adversaire, Joe Biden. 

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Le président américain «veut décourager les gens de voter par courrier parce qu’il pense que cela lui sera défavorable. C’est pathétique. Ce n’est pas ce qu’on attend d’un président des États-Unis», a dénoncé le sénateur démocrate Bernie Sanders, dimanche, sur la chaîne ABC.

«Nous sommes en pleine pandémie, monsieur le président, et les gens ne doivent pas avoir à mettre leur vie en danger dans une file d’attente, tomber malades et peut-être mourir pour aller voter», a-t-il ajouté.

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Le vote par courrier, utilisé depuis des années aux États-Unis, doit être plus largement déployé pour l’élection présidentielle du 3 novembre en raison de la pandémie de COVID-19.

Mais Donald Trump s’y oppose, criant à la fraude annoncée. Et la campagne s’est cristallisée, depuis quelques jours, autour de la poste américaine, l’USPS.

Elle est dirigée depuis le printemps par Louis DeJoy, un proche de Donald Trump, et l’un des grands donateurs de sa campagne.

Celui-ci mène tambour battant des réformes censées ramener dans le vert les comptes de la poste, déficitaires depuis 2008.

Des machines de tri jugées obsolètes ont été supprimées, des boîtes à lettres retirées des rues, et le courrier arrive en retard, car les facteurs ne peuvent plus travailler en heures supplémentaires.

Et l’USPS a prévenu qu’elle ne pourrait pas acheminer en temps voulu des millions de bulletins de vote, qui ne pourront donc pas être pris en compte, selon le Washington Post.

«Mains liées»

Mais les opposants voient dans ces réformes la main de Donald Trump, pour empêcher le vote par correspondance.

«Nous ne voulons pas avoir les mains liées avec des politiques qui ralentissent le courrier», a dénoncé dans une interview à l’AFP Mark Dimondstein, président du syndicat des postiers, l’American Postal Workers Union (APWU).

Pour lui, «le président veut affamer la poste pour empêcher les gens de voter. (...) Tout le monde devrait avoir accès à la manière la plus simple de voter, peu importe pour qui on vote».

Et il a assuré que les postiers «feront tout leur possible pour donner la priorité aux bulletins de vote», et s’assurer qu’ils arrivent à temps pour être comptés.

Plusieurs dizaines de personnes ont manifesté devant Louis DeJoy à Washington samedi matin.

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Les responsables démocrates du Congrès envisagent d’organiser, à partir du 24 août, des auditions des responsables du dossier postal et de voter une aide d’urgence.

Une «catastrophe»

Donald Trump a redit, samedi, à des journalistes que le vote par courrier serait une «catastrophe», assurant toutefois qu’il ne cherchait «pas du tout» à entraver la bonne marche de ce service public. Il a aussi défendu Louis DeJoy, un «homme fantastique».

L’opposition démocrate demande, depuis plusieurs mois, à renflouer ce service public dont les camionnettes blanches et bleues arpentent les routes des États-Unis, porte coulissante ouverte.

«Le président a déjà dit qu’il était disposé à donner plus d’argent» à l’USPS, a déclaré dimanche sur ABC Jason Miller, conseiller de campagne du président.

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Pour la première fois vendredi, Donald Trump avait en effet laissé entendre qu’il pourrait se résoudre à financer la poste: «Ce n’est pas ce que je veux, c’est ce que le peuple américain veut».

Il avait jusqu’alors refusé de verser un centime, expliquant même clairement, jeudi sur Fox News, qu’il ne souhaitait pas renflouer l’USPS afin qu’elle ne soit «pas équipée» pour «un vote par courrier généralisé».

Son concurrent démocrate pour la Maison-Blanche, Joe Biden, l’avait alors raillé: «Du pur Trump. Il ne veut pas d’élection».

L’ancien président Barack Obama avait aussi réagi: «Nous n’avions jamais vu auparavant un président dire: "Je vais mettre à genoux le service postal (...) et je vais clairement dire pourquoi"».

«On ne peut pas laisser Donald Trump détruire» l’USPS (United States Postal Service), a dénoncé Kamala Harris, la colistière de Joe Biden.

«Ce soutien doit être transformé en action», a plaidé Mark Dimondstein, appelant les élus du Congrès à adopter l’aide d’urgence de 25 G$ proposée par les démocrates.