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Le ministre des Finances Bill Morneau démissionne

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OTTAWA | Le ministre des Finances du Canada, Bill Morneau, a annoncé sa démission de ses postes de ministre et de député de Toronto-Centre, lundi soir, à la suite d'une rencontre avec le premier ministre Justin Trudeau en matinée.

«J'ai rencontré le premier ministre pour lui dire que ce n'était pas mon plan de me présenter aux prochaines élections. Ça n'a jamais été mon plan de servir pendant plus de deux mandats», a affirmé M. Morneau en conférence de presse.

L'homme d'affaires a fait valoir qu'avec la pandémie de COVID-19, il était temps pour lui de passer le flambeau à un successeur qui pourrait gérer les répercussions économiques de la crise du coronavirus pour les années à venir.

Scandale et divergences

L'étoile du ministre avait toutefois grandement pâli dans les dernières semaines, entre l'affaire WE Charity et ses divergences d'opinions avec le premier ministre.

Rappelons que M. Morneau avait révélé avoir remboursé 41 000 $ à l'organisme de charité pour des frais de voyage, quelques heures à peine avant de témoigner en comité parlementaire sur son rôle joué dans cette affaire. L'ex-ministre, dont une des filles travaille pour WE Charity, avait omis de se retirer des discussions ayant mené à l'octroi d'un contrat de gré à gré à l'organisme pour la gestion d'un programme de bourses pour le bénévolat étudiant.

Les rumeurs allaient aussi bon train, dans les derniers jours, sur les divergences entre le ministre des Finances et le premier ministre. M. Morneau aurait notamment exprimé des doutes sur la trop grande générosité, à son avis, des programmes d'aide aux Canadiens en lien avec la pandémie. Il s'opposait aussi à l'idée de financer encore plus de mesures vertes pour relancer l'économie canadienne, avaient avancé divers médias.

«Je suis fier de ce que nous avons fait ces cinq dernières années, pour avoir une économie plus progressiste et plus verte», a cependant réagi M. Morneau lorsqu'interrogé sur ces divergences lundi soir.

  • Le député conservateur Alain Rayes commente les derniers développements à QUB Radio:

«C'est important d'avoir de vigoureuses discussions entre un ministre des Finances et un premier ministre. C'est ainsi que l'on obtient de meilleures politiques», a-t-il ajouté.

L'embauche de l'ancien directeur de la Banque du Canada, Mark Carney, à titre de conseiller de Justin Trudeau avait aussi attisé les rumeurs, au point où le premier ministre avait dû assurer avoir toujours confiance en son ministre des Finances. M. Carney, qui n'est pas élu, se retrouvera fort probablement sur les rangs pour succéder à M. Morneau.

Insuffisant pour Scheer

Le premier ministre a réagi par communiqué, affirmant avoir accepté sa démission. «Grâce à son leadership, le Canada a développé une économie forte avec l'un des meilleurs bilans du G7, créé plus d'un million d'emplois et atteint le taux de chômage le plus bas de son histoire», a vanté M. Trudeau

Une évaluation que ne partage pas le chef du Parti conservateur, Andrew Scheer, qui réclamait le départ du ministre des Finances.

«Le gouvernement de Justin Trudeau est tellement empêtré dans son scandale que Trudeau s'est amputé la main droite pour tenter de se sauver», a imagé M. Scheer, en appelant à nouveau à la démission du premier ministre.

Le chef du NPD, Jagmeet Singh, a abondé dans le même sens en faisant valoir que le problème est à la tête du gouvernement et nom au ministère des Finances. «Les ministres peuvent aller et venir, mais si le premier ministre continue à briser les règles pour ses amis riches, les priorités de ce gouvernement ne changeront pas», a-t-il affirmé dans une déclaration écrite.

  • Écoutez le commentaire de Caroline St-Hilaire à QUB Radio:

Bill Morneau a indiqué qu'il compte consacrer ses prochaines semaines à tenter d'obtenir le poste de secrétaire général de l'Organisation de coopération et de développement économique.

Homme d'affaires auparavant à la tête de Morneau Shepell, Bill Morneau était devenu ministre des Finances après l'élection des libéraux en 2015 et était demeuré à ce poste sans discontinuer depuis ce temps.