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Grève au Port de Montréal: le Québec et l’Ontario s’allient pour faire pression sur Ottawa

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QUÉBEC | Les gouvernements du Québec et de l’Ontario unissent leurs voix pour demander au fédéral d’intervenir afin de régler le conflit de travail qui paralyse le Port de Montréal depuis une semaine.

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Les ministres québécois du Travail et du Développement économique, Jean Boulet et Pierre Fitzgibbon, et leurs vis-à-vis ontariens, Monte McNaughton et Victor Fedeli, ont fait parvenir une lettre la semaine dernière à deux ministres fédéraux pour que leur gouvernement poursuivent leurs efforts «visant à favoriser le dialogue entre les parties dans le but qu'elles parviennent rapidement à une entente négociée».

«Vous n'êtes pas sans savoir que le Port de Montréal, à titre de premier port dans l'est du Canada et de seul port à conteneurs sur le fleuve Saint-Laurent, constitue un élément stratégique de la vitalité économique de Montréal et du Québec, mais également de l'Ontario et de l'est du Canada», font valoir les quatre ministres dans leur missive adressée à Filomena Tassi, ministre fédérale du Travail, et à son collègue Navdeep Bains, ministre de l'Innovation, des Sciences et de l'Industrie.

La ministre Tassi a toutefois indiqué, à nouveau, ne pas avoir l'intention d'imposer une loi spéciale ou de se mêler du conflit, outre qu'en fournissant des outils de médiation aux deux camps.

«Notre gouvernement croit au processus de négociation collective, car nous savons que les meilleures ententes sont conclues à la table de négociation», a affirmé la ministre par communiqué en précisant que «le Service fédéral de médiation et de conciliation maintient son engagement constant envers les deux parties.»

Les débardeurs du Port de Montréal ont entamé une grève illimitée le 10 août faute d’accord avec leur employeur, l’Association des employeurs maritimes, malgré 65 séances de négociation en deux ans, pour renouveler leur convention collective. Leur grève avait été précédée de deux débrayages dans les semaines précédentes.

Vendredi, au cinquième jour de la grève, il était rapporté que 65 000 conteneurs étaient coincés dans le port à cause de ce conflit de travail et que 325 000 tonnes de vrac solide étaient également bloquées.

Plusieurs organisations du milieu des affaires autant québécois que canadiennes ont déjà fait part de leur inquiétude face à cette situation et demandé une résolution rapide du conflit.

«Il est estimé que des marchandises d'une valeur annuelle totale de 100 milliards $ passent sur les quais du port et que ses activités génèrent annuellement des retombées économiques de 2,6 milliards $, écrivent les ministres québécois et ontariens à leurs vis-à-vis fédéraux, disant joindre leurs voix aux autres qui demandent l’intervention d’Ottawa. Ces activités représentent 19 000 emplois directs, indirects et induits, et elles sont au cœur d'un écosystème économique réunissant les importateurs et exportateurs canadiens, dont 6300 entreprises en transport et logistique.»

Ils soulignent par ailleurs qu’il est important «de maintenir la compétitivité du Port de Montréal et du fleuve Saint-Laurent face aux ports de la côte est américaine, sachant que le Port de Montréal alimente également nombre d'entreprises du Midwest américain».