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On ne sait pas à quoi ressembleront les élections post-COVID-19

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MONTRÉAL | Moins de deux mois avant les premières élections post-COVID-19, c’est-à-dire les élections municipales partielles du 4 octobre prochain, on ne sait toujours pas comment le processus électoral se déroulera. 

Malgré les demandes répétées du 24 Heures, le ministère des Affaires municipales n'a pas spécifié s’il faudra être physiquement présent pour voter, si le vote postal massif sera permis ou encore si le scrutin s'étalera sur plusieurs jours.

Le ministère a cependant précisé que le vote électronique «n’est pas pressenti pour les élections partielles» municipales. Quant au vote postal, réservé présentement aux électeurs non domiciliés dans le secteur visé, «des travaux sont actuellement en cours avec la Santé publique et le Directeur général des élections pour évaluer la possibilité d’élargir ce type de vote à certaines autres personnes».

Au printemps, 43 municipalités devaient tenir des élections partielles, mais elles ont été reportées en raison de la crise sanitaire, laissant ainsi plusieurs postes de conseiller municipal vacants à travers le Québec.

Des élections sont prévues le 4 octobre lorsqu’il s’agit d’élire un maire. Si le poste à pourvoir est celui d’un conseiller, la municipalité n’est plus obligée de tenir un scrutin à cette date; l’élection partielle pourrait alors se tenir à l’hiver 2021.

À Montréal, par exemple, un poste de conseiller municipal est vacant dans le district Saint-Léonard Est.

Participation

Le protocole sanitaire pour les élections partielles sera publié d’ici la fin de cette semaine, selon le ministère des Affaires municipales.

La ministre des Affaires municipales, Andrée Laforest, encourage la population à voter. «La pandémie a rappelé à tous et chacun le rôle de premier plan que les conseils municipaux sont amenés à jouer, notamment en situation de crise», a fait valoir son attachée de presse, Bénédicte Trottier-Lavoie.

Le vote postal ou électronique est-il envisagé pour les partielles? «Nous dévoilerons le tout prochainement, mais il est certain qu’à ce stade-ci, rien ne peut être écarté», a dit Mme Trottier-Lavoie.

Élections générales

Un flou entoure aussi les élections municipales générales du 7 novembre 2021.

Une commission de l’hôtel de ville de Montréal suggère d'étaler ce scrutin sur plusieurs jours pour favoriser la distanciation, plutôt que de miser sur le vote par la poste. Pour ce faire, l’accord préalable de Québec est nécessaire.

Le rapport, qui sera déposé au conseil municipal la semaine prochaine, se penche sur les moyens de voter en contexte de pandémie «afin d’éviter que l’électorat se réfugie massivement dans l’abstention».

Qui sont les hommes et les femmes derrière nos politiciens? Emmanuelle présente... un balado animé par Emmanuelle Latraverse.

Le vote par correspondance, jugé intéressant par la commission, n’est pas recommandé. Il requiert une modification législative et comporte des défis logistiques, comme l’envoi de 1,1 million de trousses de vote à Montréal.

Sécurité

Selon la commission, les débats sur les risques de fraude «ont un impact sur la crédibilité́ et la confiance du public à l’égard du vote par correspondance», même si les incidents semblent limités avec des mécanismes de sécurité adéquats.

«La sécurité, c’est ça la grande question», a fait valoir Rémy Trudel, ancien ministre des Affaires municipales et professeur à l’École nationale d'administration publique, insistant sur la nécessité d’un effort soutenu de communication pour favoriser la participation électorale.

Depuis la pandémie, «plus rien n’est pareil», a constaté M. Trudel, considérant qu'il est inutile de se camper dans la résistance au changement et urgeant les gouvernements d'investir dans de nouvelles manières de voter. «Pour l’expression des voix démocratiques, il faut faire dans le neuf, dans le autrement. C’est sûr que c’est compliqué, mais c’est pas parce que c’est complexe qu’il ne faut ne pas s’y attaquer.»