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Qu’est-ce qu’on attend... pour être heureux en français?

Conf presse Mélanie Joly Pierre Fitzgibbon
Photo Chantal Poirier Mélanie Joly

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1. Le Québec n’est pas bilingue.

2. Montréal n’est pas bilingue.

3. Le Québec est la seule province francophone au pays.

4. Montréal est une ville francophone.

Faire ces quatre affirmations en 2020 relève presque de la désobéissance civile.

Alors que notre été a été marqué par les antimasques et leurs manifestations à répétition, pourquoi notre rentrée ne serait-elle pas marquée par les anti-anglicisations du Québec ? Et si on descendait dans la rue avec des pancartes ?

LA LANGUE DE L’EMPLOI

Vous avez vu le sondage de l’OQLF qui démontre qu’il vaut mieux parler anglais si on veut se trouver du travail au Québec ?

Ce qui me frappe chaque fois qu’on déplore la lente disparition du français, c’est la complaisance des Québécois. Comme si on s’habituait doucement, lentement, aveuglément à cette omniprésence de l’anglais.

Avez-vous vu la dernière vidéo de Marie-Mai ?

Sophie et Richard ne sont pas bons aux fourneaux, mais ils savent cuisiner leurs invités! Invitez-vous à la table de Devine qui vient souper? une série balado originale.

« On le fait pour la team, Les kings et les queens [...] On a tout donné, no we don’t give up On va tout donner So we give it

One last time, Wanna see the sky fall. Wanna see the sun rise ». Voici quelques commentaires d’internautes :

« La musique franco d’ici se réveille I like that. » Ou : « Gros beat, je suis déjà hook. Shout out. »

Cet été, j’ai fait mon pèlerinage habituel à l’île d’Orléans. Traitez-moi de vieille nostalgique si vous le voulez, mais j’ai fait le tour de l’île en écoutant... Le tour de l’île de Félix Leclerc.Et j’ai failli m’étouffer quand j’ai vu sur le bord du chemin une affiche pour un camion de bouffe de rue : « Le truck de l’île ».

Qu’est-ce qu’il disait déjà, Félix, dans sa chanson ? « On veut la mettre en mini-jupe And speak English Faire ça à elle, l’Île d’Orléans Notre fleur de lyse ». 

L’EXEMPLE VIENT D’EN HAUT

Dans le scandale WE Charity, on découvre que le gouvernement libéral ne voyait aucun problème à donner un contrat de 900 millions à un organisme de charité qui n’avait aucune présence en français au Québec et qui aurait dû engager la firme National pour s’occuper de ces bibittes étranges que sont les francophones.

Le plus insultant dans toute cette affaire ? WE charity, questionné par ma collègue Anne-Caroline Desplanques, a répondu avec une déclaration... en anglais !

DEMANDEZ ET VOUS RECEVREZ

Mais si on se plaint, on peut faire bouger les choses. En fin de semaine, j’ai fait remarquer à notre ministre aux Langues officielles, Mélanie Joly, que son dernier gazouillis sur Instagram était bourré de fautes. Elle a reconnu que c’était « inacceptable » et s’est engagée à ce que ça ne se reproduise plus.

Toujours en fin de semaine, je suis allée dans un parc aquatique. La musique tonitruante qui sortait des haut-parleurs était celle d’un poste montréalais anglophone. « It’s a beautiful thirty-one degrees in Montreal today ! ».

Quand j’ai demandé aux préposées de changer de poste, elles l’ont fait sans sourciller.

J’ai eu droit à la même musique en anglais débile, mais au moins, entre les tounes anglaises, j’avais droit aux commentaires d’un animateur francophone. « C’est-tu le fun de boire son drink dans une coconut ! ».

That’s the spirit !