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Casse-croûte et bar laitier: la réalité méconnue des restaurateurs estivaux

Homemade Poutine
michaelbrulotte - stock.adobe.com

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On savoure leurs délices tout l’été. On fait parfois même de longs détours pour goûter leurs spécialités. Les casse-croûtes et les bars laitiers sont des figures emblématiques de bien des villages québécois. Qui sont les propriétaires de ces lieux mythiques? Arrivent-ils à se la couler douce en hiver? Et pourquoi se sont-ils lancés dans l’univers du shack à patate?

Les propriétaires de Mam’zelle Maria, la Patate Mallette et Les glaces Michaël ont répondu à quelques questions sur leur métier.

De père et de mère en fils

«La Patate Mallette a été fondée en 1956 par ma grand-mère et mon grand-père à Beauharnois», souligne son président Alexandre Daneau. Ses grands-parents ont ainsi mené le bal pendant une vingtaine d’années, puis sa mère a tenu le fort pendant les vingt années suivantes. «Moi, je vais bientôt en être à ma dixième année», dit-il.

S’il n’avait jamais pensé reprendre l’entreprise familiale, évoluant dans le milieu du théâtre et de la narration, il a changé son fusil d’épaule quand il a senti l’intérêt d’autres entrepreneurs pour le casse-croûte.   

«Un monsieur qui venait de vendre la Binerie Mont-Royal est arrivé et a demandé à ma mère c’était quoi son prix. J’ai dit "c’est hors de question que ça change de famille" et j’ai décidé d’acheter», se souvient-il.

Patate Mallette est située au 41, rue Saint-Laurent, à Beauharnois.
Courtoisie | Patate Mallette
Patate Mallette est située au 41, rue Saint-Laurent, à Beauharnois.

À Saint-Rémi, Jérico Poudrette a aussi choisi de suivre les traces de son père en reprenant Les glaces Michaël il y a six ans et en s’investissant dans Les Grillades à Poudrette. «Quand tes parents sont dans un domaine, comme petit gars, tu peux être plus aligné à aller vers ça, mais ça reste en soi un domaine super intéressant», admet-il.

Un saut dans le vide

Johanne Cyr s’apprêtait à partir faire le tour du monde en voilier avec son conjoint Daniel Labrie quand la crise du Golfe a frappé en 1991. «Ce n’était vraiment pas le bon moment pour partir», se rappelle celle qui avait mis toutes ses économies de côté pour ce projet.

De passage en Gaspésie pour y voir de la famille et des amis, le couple a appris que la cantine Mam’zelle Maria et sa maison adjacente étaient à vendre. Elle était hygiéniste dentaire, lui mécanicien, mais ils se sont lancés dans l’aventure à l’aveugle, du jour au lendemain. «C’était un coup de dés», lance la copropriétaire qui en est à sa trentième saison.

Le Mam'zelle Maria est situé sur le boulevard Perron, à Maria (Gaspésie).
Courtoisie | Mam'zelle Maria
Le Mam'zelle Maria est situé sur le boulevard Perron, à Maria (Gaspésie).

Faire une croix sur l'été

S’ils ont des parcours d’entrepreneurs plutôt différents, les trois restaurateurs s’accordent tous pour dire qu’ils ne voient jamais leur été. «C’est un choix que tu fais», assure Jérico Poudrette.

«Le rush d’adrénaline dans un resto comme ça, c’est dur à égaler», affirme à son tour Alexandre Daneau. Parfois, il fait 52 degrés Celsius [...] tu vas faire 12 heures, mais tu ne les verras pas passer». Ayant vu sa mère et sa grand-mère travailler 90 heures par semaine à l’époque, il a d’ailleurs pris la décision de s’occuper seulement de la gestion de la pataterie, afin de mener une vie plus équilibrée et conserver des projets en art dramatique.

«Après le lunch, on a le rush au bar laitier, puis après le rush du souper commence et le rush rembarque au bar laitier jusqu’à la fermeture», explique la copropriétaire du Mam’zelle Maria, où l’heure de pointe est continue.

À l’envers des autres

Alexandre Daneau dit prendre un mois de vacances en famille chaque hiver, Jérico Poudrette savoure pleinement la saison de la motoneige, Johanne Cyr et son mari rechargent aussi leurs batteries, mais leur pause est de courte durée.

«Dès qu’on ferme, on pense déjà à la saison suivante», soutient-elle. Son couple s’est entre autres adonné à des formations en administration et des voyages de perfectionnement en Belgique pour parfaire leurs techniques de frites maison. 

Jérico Poudrette travaille chaque hiver sur de nouveaux produits, plus imaginatifs les uns que les autres. «Tu ne peux jamais te dire que tu as atteint le maximum. Tu peux toujours innover et faire mieux», convient-il. 

Jérico Poudrette du bar laitier Les glaces Michaël a inventé des desserts glacés en pot.
Courtoisie | Les glaces Michaël
Jérico Poudrette du bar laitier Les glaces Michaël a inventé des desserts glacés en pot.

Lucratifs, les casse-croûtes et bars laitiers?

Alors qu’Alexandre Daneau dit tirer de confortables profits du succès qu’a acquis la Patate Mallette en 65 ans d’histoire, Jérico Poudrette croit qu’il faut demeurer extrêmement travaillant pour que le métier soit aussi payant, au même titre que dans d’autres milieux professionnels. 

Patate Mallette existe depuis 1956.
Courtoisie | Patate Mallette
Patate Mallette existe depuis 1956.

La météo doit aussi être prise en compte lorsque l’on parle de profits. «Un mauvais printemps ou un mauvais été, on va rouler quand même, mais ça ne sera pas la même chose», exprime Johanne Cyr. Avec l’été chaud en cours et les Québécois en vacances dans leur propre province, le Mam’zelle Maria a d’ailleurs connu un été aussi, sinon même plus important que ses prédécesseurs, et ce malgré des heures d’ouverture réduites.

Par-dessus tout, les trois propriétaires aiment être en contact avec leurs clients. «On devient des mascottes de nos villages bien malgré nous», estime Alexandre. «On a des gens qui viennent de partout dans le monde, qui nous disent qu’ils ont entendu parler du Mam’zelle Maria», dit Johanne.

La poutine du Mam'zelle Maria est reconnue pour sa sauce légèrement sucrée et piquante.
Courtoisie | Mam'zelle Maria
La poutine du Mam'zelle Maria est reconnue pour sa sauce légèrement sucrée et piquante.

Une petite fringale?

Patate Mallette: 41, rue Saint-Laurent, Beauharnois

Les glaces Michaël: 58, rue Lachapelle Ouest, Saint-Rémi

Mam’zelle Maria: 597, boulevard Perron, Maria

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