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Moins d’orignaux dans la réserve faunique La Vérendrye

Moins d’orignaux dans la réserve faunique La Vérendrye
Photo Courtoisie, Le ministère de la Forêt, de la Faune et des Parcs (MFFP)

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VAL-D’OR – Un inventaire aérien des orignaux effectué cet hiver dans la réserve faunique La Vérendrye vient de donner raison aux inquiétudes des Algonquins qui l’habitent. Le cheptel est en baisse.

Le ministère de la Forêt, de la Faune et des Parcs (MFFP), qui a réalisé l'opération avec des membres des communautés algonquines, avait venu venir le coup et a déjà pris des mesures pour limiter la chasse de l'espèce.

Le nombre d’orignaux par 10 km2 est passé de 3,2 en 2008, à 2,06 lors du dernier inventaire, soit un cheptel de 2074 individus.

«La situation n’est pas critique. On a une bonne proportion de femelles adultes, donc ça peut nous permettre d’espérer qu’en en protégeant une partie, on puisse augmenter la densité sur le territoire», indique le biologiste responsable de la gestion de l’orignal pour le MFFP, André Dumont.

Les Algonquins, qui ont participé à l’opération d’inventaire, ne sont pas surpris.

«En septembre dernier, nos membres manifestaient justement dans la réserve faunique pour demander un moratoire sur la chasse à l’orignal», souligne George Lafontaine, agent d’information du Conseil tribal de la nation algonquine Anishinabeg.

Les résultats de l’inventaire concordent avec ce qu’avaient observé les Algonquins, mais les raisons pour lesquelles on assiste à une telle baisse divergent. Selon le ministère, la population d’orignaux subit une pression de chasse légèrement supérieure à sa capacité d’accroissement.

Moins d’orignaux dans la réserve faunique La Vérendrye
Photo Courtoisie, Le ministère de la Forêt, de la Faune et des Parcs (MFFP)

«Ce n’est pas vrai que c’est juste la chasse qui crée un déséquilibre. Il y a d’autres facteurs», martèle George Lafontaine, en faisant notamment référence aux opérations forestières.

C’est ce que croit aussi le chef de la communauté du lac Barrière, Casey Ratt. «Il y a des secteurs où ça coupe le bois 24 heures sur 24», a-t-il déploré par voie de communiqué.

Avant même d'avoir obtenu ses résultats, le MFFP a réduit de moitié le nombre de permis de chasse aux femelles pour 2020. Celui-ci est passé de 200 en 2019 à 100 pour 2020. La SÉPAQ a aussi réduit de 30 % l’offre de permis de chasse sportive dans la réserve faunique.

Malgré tout, le conseil tribal maintient sa position pour le moratoire.

«Il faut aller plus loin, suggère George Lafontaine. Nous souhaitons plus d’études sur les maladies et les prédateurs. Nos membres veulent être plus impliqués dans la gestion du territoire. Ils sont les seuls à habiter en permanence sur le territoire», rajoute-t-il.

Un comité formé des communautés algonquines et du MFFP continuera de se rencontrer pour réfléchir à d’autres mesures de protection. Lors de la prochaine saison de la chasse, des communautés algonquines poursuivront leurs manifestations de sensibilisation auprès des chasseurs de la réserve faunique La Vérendrye. Quant au ministère, il n'envisage pas changer sa position sur le moratoire.

«Le niveau de densité correspond à ce qu'on retrouve dans plusieurs zones de chasse sur les même latitudes. On n'est pas du tout au stade de conservation», mentionne André Dumont.