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Nouvelle technique pour mieux diagnostiquer le cancer de la prostate

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Une équipe de chercheurs montréalais a mis au point une nouvelle et meilleure façon de détecter le cancer de la prostate, en combinant deux techniques existantes.

L’équipe scientifique du Centre de recherche du Centre hospitalier de l'Université de Montréal (CRCHUM) et de Polytechnique Montréal utilise dans un premier temps l’imagerie par microspectroscopie Raman, une méthode d’observation et de caractérisation de la composition moléculaire. Cette technique «fait appel à des rayons lumineux pour faire vibrer les molécules d’un échantillon et recueillir des informations sur les liaisons chimiques qui le composent», peut-on lire dans un communiqué présentant les tenants et les aboutissants de l’étude. 

  • ÉCOUTEZ Dre Dominique Trudel, pathologiste au CHUM, sur QUB radio:

Puis, l’apprentissage machine, une facette de l’intelligence artificielle qui a recours à des algorithmes pour analyser des données et en tirer des conclusions, entre en jeu. Les spectres Raman obtenus lors de la première étape sont alors utilisés «pour entraîner des algorithmes à reconnaître et classifier automatiquement les signatures spécifiques de tissus sains, du carcinome intracanalaire de la prostate et d’autres formes du cancer de la prostate». 

«Ces modèles prédictifs ont ensuite été testés sur les données des deux autres centres hospitaliers, précise-t-on. Avec des résultats pour le moins prometteurs: ils détectent correctement la présence ou l’absence de carcinome intracanalaire de la prostate dans près de 9 cas sur 10.» 

Actuellement, dans les hôpitaux, pour identifier par exemple le carcinome intracanalaire de la prostate, une variante agressive de cancer de la prostate diagnostiquée chez 20% des patients qui meurent d’un cancer de la prostate chaque année, les pathologistes se fient à une simple observation visuelle des tissus prélevés, faute de mieux. 

La Dre Dominique Trudel et Frédéric Leblond, chercheurs au CRCHUM, ainsi que la chercheuse postdoctorale Andrée-Anne Grosset, estiment donc avoir trouvé «un outil d’avenir», soit «une façon d’améliorer l’identification des patients à risque et le diagnostic des formes les plus agressives de ce cancer». 

Leur étude vient d’être publiée dans la revue spécialisée PLOS Medicine. 

Aux fins de cette étude, des échantillons de tissus de 483 patients (âge médian de 62 ans) du Centre hospitalier de l'Université de Montréal, du Centre universitaire de Québec et de l’University Health Network de Toronto ont été analysés.