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L’entourloupette

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Photo AFP Le premier ministre du Canada Justin Trudeau s’est adressé aux médias hier à Ottawa.

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En pleine déroute, le gouvernement Trudeau appuie sur pause. Les libéraux en avaient déjà plein les bras avec la gestion de la pandémie. C’était avant que survienne le scandale WE Charity. C’est dans ce contexte que Justin Trudeau a choisi de fermer le Parlement et les comités qui enquêtent sur ce scandale. Les libéraux n’auront donc de comptes à rendre à personne pendant les cinq prochaines semaines. La pandémie offre un prétexte valide au premier ministre pour proroger le Parlement afin de présenter un nouveau discours du Trône. Mais disons que le moment est drôlement bien choisi...

Pourquoi proroger le Parlement ?​

La prorogation, c’est souvent l’arme ultime, pas très subtile et controversée pour se sortir de l’embarras. Les conservateurs de Stephen Harper avaient fait de son utilisation une spécialité. Plus de comités parlementaires, plus de périodes des questions à la Chambre des communes. Plusieurs de nos institutions démocratiques sont mises à l’arrêt. Les libéraux soutiennent qu’un nouveau discours du Trône est devenu nécessaire à cause de la pandémie. Mais y a-t-il prorogation, en plein mois d’août, sans l’affaire WE Charity ? Possible, mais on peut en douter. 

Bientôt des élections ?

En déposant un discours du Trône à l’automne, Justin Trudeau défie les partis d’opposition de le renverser. Même s’il jure qu’il ne souhaite pas provoquer d’élections, le premier ministre rend cette possibilité bien réelle. Reste à voir s’il se trouvera un partenaire de danse pour faire adopter un discours du Trône qu’on imagine à saveur électorale. Le Bloc québécois se dit étrangement ouvert à la discussion, après avoir passé les dernières semaines à exiger la démission du premier ministre. Chez les conservateurs, on les voit mal appuyer les libéraux. Le NPD, cassé comme un clou, pourrait offrir sa confiance au gouvernement Trudeau, qui fait miroiter d’autres mesures progressistes.  

Que fait-on en attendant le retour du Parlement ?

Le gouvernement Trudeau compte sur un nouveau discours du Trône pour redéfinir les priorités du gouvernement dans le contexte de la pandémie de COVID-19. Mais en attendant, plusieurs dossiers importants risquent de se retrouver sur la glace. Quel avenir pour la Prestation canadienne d’urgence ? Que fait-on des programmes d’urgence qui mériteraient des ajustements, comme l’aide au loyer commercial ? Et que dire de tous ceux qui passent toujours à travers les mailles du filet ? Tous ces groupes devront vraisemblablement attendre que le gouvernement panse ses plaies.

Pourquoi choisir Chrystia Freeland ? 

L’arrivée de l’ex-journaliste aux Finances allait de soi. D’abord, parce qu’il s’agit d’un magnifique coup de marketing politique. Mme Freeland devient ainsi la première femme à occuper ce poste. Il était temps. Les électrices constituent d’ailleurs pour Justin Trudeau une importante tranche de son électorat actuel et potentiel. Mme Freeland est pour le premier ministre une fidèle alliée. Et les deux amis s’entendent parfaitement pour accroître le rôle de l’État-providence. Il ne faut pas s’attendre à ce que Mme Freeland freine les ardeurs d’un gouvernement dépensier.